Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2004
Mots-clés : festival
 

Les Belges au Festival de Rotterdam 2004

Les Belges au Festival de Rotterdam 2004 (21 janvier - 1er février 2004)
Même s'il est absent du palmarès, le cinéma belge s'est particulièrement distingué lors de cette 33ème édition du Festival International du Film de Rotterdam. A la fois par une sélection importante, un accueil chaleureux du public et des professionnels et un taux de contacts élevé au niveau du marché.

Evénement au sein de la Compétition Officielle, Aaltra est un nouvel ovni du cinéma belge qui a enthousiasmé les spectateurs et critiques de films hollandais. Réalisé par deux figures emblématiques de Canal+, Benoît Delépine et Gustave de Kervern, Aaltra se présente comme un road movie intemporel et décalé, qui décrit le voyage épique et humoristique de deux voisins, autant ennemis qu'inséparables, de Belgique jusqu'en Finlande. Dans cet univers aux accents tantôt de Tati, tantôt de Kaurismaki, nos deux hommes vont rencontrer des personnages incarnés avec délice par Jan Bucquoy, Noël Godin, Benoît Poelvoorde, Bouli Lanners ou encore Aki Kaurismaki. Cette petite perle belge est produite par La Parti Production (Vincent Tavier, Guillaume Malandrin, Philippe Kauffmann).
Résultat de l'atelier de direction d'acteurs organisé par le Cifas et donné par Raoul Ruiz l'été dernier à Bruxelles, Le Vertige de la page blanche offre une jolie mise en abyme sur le thème de la justice. Un jury de professionnels du cinéma est amené à primer un film `Justice' qui raconte l'histoire de jurés qui doivent décider de la culpabilité de trois terroristes soupçonnés d'avoir tué le juge qu'ils ont kidnappé... Détournant les limites et le cadre qu'impose un atelier, Raoul Ruiz parvient à concilier la dérision, l'humour caustique et la poésie qui lui sont propres, tout en offrant aux différents acteurs des possibilités de jeux intéressantes.
L'une des qualités essentielles d'un festival comme celui de Rotterdam, est d'offrir une plate-forme tant aux auteurs confirmés qu'aux nouveaux talents. Habitué du Forum de Berlin, Boris Lehman faisait son entrée à Rotterdam avec son nouveau film Homme portant, une oeuvre bien sûr autobiographique sur le cinéaste portant ses copies de lieu en lieu, de festival en festival. Parallèlement, on pouvait découvrir Des épaules solides, le premier long métrage d'Ursula Meier, ancienne élève de l'IAD, produit par Need Productions, ou encore Depuis qu'Otar est parti, le premier long métrage très émouvant de Julie Bertuccelli, produit par Entre Chien et Loup, Le Monde vivant d'Eugène Green, produit par Les Films du Fleuve, et Het Zuiden de Martin Koolhoven, produit par Cosmokino.
Côté courts métrages, la sélection confirmait une fois encore la vitalité des talents belges avec treize courts belges dont Papillon d'amour de Nicolas Provost, qui vient également de remporter un joli succès au Festival de Sundance, La dernière (s)cène de Boris Lehman qui met en scène des cinéastes autour d'une table devant les immeubles bruxellois en démolition, à l'image de la peinture de Leonardo da Vinci, Panique au village : les voleurs des délicieusement inventifs Vincent Patar et Stéphane Aubier.
Marché incontournable de la production, le Cine-Mart avait sélectionné quatre projets belges qui ont ainsi eu l'occasion d'être présentés à de nombreux coproducteurs potentiels : Comme tout le monde de Pierre-Paul Renders (Entre Chien et Loup), My Queen Caro de Dorothée van den Berghe (Lumière/K2), Blanche Neige : la suite de Picha (YC Aligator/DeFamilieJanssen) et The Colour of Water de Jessica Woodworth & Peter Brosens (The Ice House).

 

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