Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/10/1996
 

Palmyra de Tatiana de Perlinghi

L'amour est aveugle
Un magasin de fripes branché de la rue Antoine Dansaert. Derrière la vitrine, la caméra de Tatiana de Perlinghi ne perd rien des agissements de Palmyra, ravissante elfe sexy aux cheveux auburn tout de rose vêtue.

Lio sur le tournage de Palmyra de Tatiana de PerlinghiEblouie par les jambes d'un pantalon masculin, celle-ci sort un Instamatic de son sac et clic-clac ! le flash en fait une image. Contre-champ : Palmyra, de dos, refait clic-clac ("Hé le photographe ! Attention aux réverbérations de la vitrine, t'es dans le champ !"), raccord, notre héroïne fait claquer ses hauts talons sur le trottoir face à la caméra qui la suit en travelling latéral, puis elle traverse en ignorant superbement une auto dont les freins hurlent de justesse. Pour finir, elle se trompe de porte en voulant rentrer chez elle. Myope ou dans la lune?
Palmyra - sa mère l'a baptisée du "prénom de l'héroïne d'un mélo espagnol qui a fait 537 entrées en son heure de gloire" - c'est Lio, dans un rôle écrit pour elle, celui d'une voyante professionnelle aussi extralucide pour prédire le destin des autres qu'aveugle lorsqu'il s'agit du sien. Assaillie de visions étranges, elle décide un jour de reconstituer l'énigmatique "homme idéal" qui la hante depuis l'enfance.

"Palmyra est comme un pétard coloré dont je veux capter la moindre étincelle", dit la jeune réalisatrice dont c'est le premier film. Ça tombe bien, lors du déjeuner Lio me confie aimer les films dans lesquels les réalisateurs s'intéressent davantage à leurs acteurs qu'à la beauté de leurs plans ou de leurs raccords. Et d'ajouter : "Tu vois, chez Cassavettes, il y a plein de faux raccords, certains plans sont flous mais qui s'en soucie ! Surtout lorsque Gena Rowlands apparaît dans le cadre ! Elle éblouit tout le monde ! Ah, Love Streams, quelle émotion !" Les blondes ne comptent pas pour des prunes !

 

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