Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2002
 

PETIT CONSTAT

Au début des années 90 la commission de sélection de film s'essoufflait. Le manque de moyen par rapport au nombre de demandes se faisait ressentir de plus en plus cruellement. Des promesses d'aides à de beaux projets étaient octroyées au-delà du budget attribué à la commission. Les membres déroutés ne savaient s'ils devaient tenter de forcer le pouvoir public à honorer les promesses faites ou sanctionner des projets qui ne le méritaient pas.

Plusieurs ministres de la culture s'étaient succédé en peu de temps, certains montrant un réel intérêt pour le cinéma et l'audiovisuel, d'autres moins. Bref, il fallait un changement. Les carrefours de l'audiovisuel furent organisés par le Ministre di Rupo et permirent de faire un constat général de la situation et mettre en place de nouvelles initiatives comme le fonds spécial : aide supplémentaire octroyé à la RTBF à investir dans des coproductions avec les producteurs indépendants. Le ministre di Rupo fut nommé Ministre des finances et remplacé par Laurette Onckelinx à l'enseignement (et oui, à l'époque nous étions passé de la culture à l'enseignement). La ministre me proposa de reprendre la présidence de la commission, épaulé par Jean-Marie Beauloye à la vice-présidence. Après réflexion et analyse, nous avons proposé un nouveau fonctionnement de la commission et obtenu une augmentation significative du budget annuel. La commission fut divisée en deux collèges. Le premier concernant tout ce qui était des premières oeuvres pour les réalisateurs de long-métrages et de documentaires, aide à l'écriture de long-métrage et oeuvres télévisuels. Le deuxième collège se consacrant à tous les autres projets.

Le budget fut scindé en deux. Cela laissait ainsi aux jeunes réalisateurs sortant des écoles une réelle chance de voir leurs projets soutenus sans être en concurrence avec des metteurs en scène chevronnés. Les membres de la commission furent remplacés à une grande majorité par des professionnels, auteurs, producteurs, réalisateurs, techniciens, et ne siègerait que trois fois par an. On nomma aussi des suppléants qui remplaçaient les membres qu'en ceux-ci étaient impliqués dans un projet déposé. La nouvelle formule fonctionna bien. Je pris un réel plaisir à sentir que la profession reprenait espoir, et que l'administration et le cabinet nous témoignaient une entière confiance. J'ai lu avec joie des projets de plus en plus nombreux et de très hautes qualités et découvrit de jeunes auteurs aux réalisateurs aussi passionnants que Alain Berliner, Frédérique Fonteyne, Anne Lévi-Morelle, Pierre-Paul Renders et bien d'autres... Les succès internationaux couronnèrent rapidement ces nouveaux talents.

Nous savions dès le départ que si cette politique d'ouverture donnait les résultats espérés, elle engorgerait quelques années plus tard la commission d'un nombre trop important de projets ambitieux, impossible à gérer.
Par les membres, qui par ailleurs exercent tous un métier à plein temps, et que de nouvelles ressources financières devaient être dégagés d'urgence pour augmenter le budget de la commission.

À ce jour, d'autres reflets, voir un nouveau fonctionnement doit être mis en place pour permettre à la commission de continuer son travail de manière harmonieuse et avec bonheur autant pour les membres que pour les demandeurs.

Marion Hänsel
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