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octobre 2008
09/10/2008
 

Pierre Duculot, réalisateur de Dernier voyage


En octobre, le 26 du mois, la RTBF/La Deux se remet en route pour son émission consacrée au court métrage. Voici le premier : Dernier voyage de Pierre Duculot. Un film amusant. Partir en vacances sur la Côte d’Azur (à Saint-Tropez ?) avec aux pieds les redskins ou les converses rouges (of course) ? Chic ! Sauf que grand-maman n’est pas très bien dans ses pantoufles vieux jeu. Partons ou partons pas ? Mais, au juste qui pète les plombs ?

Du court au long

Le premier film, vu dans son enfance, à Liège, dont se souvienne réellement Pierre Duculot est Le Gendarme de Saint-Tropez. « De Funès hystérique, c’est précis dans ma tête, l’histoire m’échappait complètement », nous glisse-t-il, à toute allure, car Duculot est un homme pressé, un prof de français ultra rapide pour des élèves qui sont bien obligés de faire attention pour ne pas sortir la tête vide.
Dans le secondaire, il a la chance d’avoir comme professeur René Michelems (tous les habitués de la Cinémathèque royale se souviennent de sa présentation écrite des films) qui l’initie au cinéma. Souvenir de Pierre Fresnay dans La Grande illusion de Renoir. À partir de 15-16 ans il devient cinéphage plutôt que cinéphile. La première fois qu’il découvre le cinéma, c’est avec Molière d’Ariane Mnouchkine. Il fait des études de philologie romane parce qu’avoue-t-il, à l’âge de dix-huit ans, il ne se sent pas assuré sur ses choix.
Pierre Duculot aime le cinéma en phase avec son temps qu’il découvre avec le cinéma social britannique, pas mal de films scandinaves et de réalisateurs comme Rober Guédiguian ou les frères Dardenne : « J’aime une esthétique pauvre qui filme à hauteur d’homme. Cela m’intéresse plus que le travail esthétique du cinéma. Ce qui ne m’empêche pas d’admirer le cinéma de Jim Jarmush et de Gus Van Sant ». Il est très preneur de Paranoïd Park, le dernier film de Van Sant filmé par Christopher Doyle. « J’aime les films qui montrent des choses sans qu’on les voie. Les personnages sont présents sans qu’il y ait le moindre gros plan. Ils sont perdus dans le décor qui les entoure ».
Son désir de cinéma, il le doit aux premiers films de Ken Loach (début des années 90) puis ceux des frères Dardenne dont il dit être extrêmement friand. « La Promesse est l’un des plus gros choc que j’ai éprouvé dans une salle de cinéma, pendant très longtemps ».
« J’ai commencé assez tard. Je suis devenu critique, puis je me suis mis à écrire des scénarios et de fil en aiguille, j’ai collaboré de plus en plus à des scénarios. J’ai attendu quarante ans avant d’avoir l’idée de faire un film, lorsque mes copains ont insisté pour que je passe de l’autre côté du miroir».
L’aventure de Dormir au chaud, son premier film, est la découverte du plateau de cinéma comme sport collectif (« 25 personnes sur un plateau, c’est autre chose que les cinéastes dont l’ego prédomine»). Il fait des repérages avec son chef op’ en commentant les films qu’ils voient plutôt que de parler des types d’optique ou des types de filtres. « Est-ce que tu as vu ce genre d’images ? J’ai envie de ça ! » Par contre, le son (avant, pendant et après) l’intéresse davantage.
Pierre Duculot précise qu’il est hyper présent au montage tant pour l’image que pour le son. Il travaille souvent avec la même équipe technique et la même comédienne, Christelle Cornil. « Sur le plateau, j’ai découvert que j’adorais tourner avec les comédiens, travailler avec Christelle, c’est passionnant (Dormir au chaud est un peu son histoire à elle) on invente la bio des personnages, les costumes (j'ai inventé les nuisettes de Christelle dans la salle de bain). « Sur Dernier voyage, Christelle incarnait une bourgeoise enquiquineuse, mais elle était ravie, ce petit rôle l’amusait. Je veux grandir avec elle, elle participera à mon long métrage, Au cul du loup qui sera produit par Denis Delcampe ». Titre lacanien « Au cul du loup par Duculot » si l’on ose dire. Ce qui surprend le futur réalisateur. « Je n’y ai pas pensé, c’est l’expression d’une amie qui s’exclame toujours lorsque l’on va dans un coin difficile : « tu es fou, c’est au cul du loup ! »

Jean-Michel Vlaeminckx

Dernier voyage de Pierre Duculot le 26 octobre sur La Deux.







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