Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/10/1998
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Surveiller les tortues de Inès Rabadan

Elle a toujours voulu faire du cinéma mais elle passe d'abord une licence de philologie romane à l'ULB avant de sortir réalisatrice à l'IAD. Produit par l'AJC, Vacance, son premier court métrage, inspiré d'un fait vécu est très écrit. Pour elle, l'écriture nourrit et donne vie au film. Après un stage à la RAI, Need Productions produit Surveiller les tortues, son second film dont le titre est inspiré d'un texte de Jean Paulhan. Basée sur une histoire vraie, ce récit d'un deal pour une maison ou des êtres se côtoient sans vraiment communiquer entre eux est interprétée par un Arno étonnant de vérité. Le film a reçu de nombreux prix dont le Silver Hugo au Festival du Film de Chicago. 

Surveiller les tortues de Inès RabadanLe film commence dans les lumières glauques d'une usine de conditionnement de poisson surgelé. André et Esther sont deux ouvriers de l'usine mais on n'a pas besoin d'eux pendant l'été et les voilà sans emploi. Mais avant de partir, le directeur leur signale un couple d'amis désireux de voir leur maison entretenue et occupée pendant leur voyage au Népal. André et Esther rencontrent alors le couple qui se révèle rapidement une caricature de nouveaux riches.
André et Esther suivent leurs hôtes durant la visite les yeux écarquillés. Les uns partent insouciants tandis que nos héros méditent sur toutes les instructions qu'ils ont reçues.
La suite est irracontable ou plutôt ce serait tellement difficile à expliquer qu'il n'y aurait aucune chance de comprendre quelque intrigue que ce soit et de saisir l'étrange climat qui habite le scénario. Cette histoire à la fois grave, cocasse et surréaliste fonctionne à merveille, portée par un Arno Hintjens (André) au mieux de sa forme, et grâce à Brigitte Dedry (Esther) dont le jeu émeut par sa sensibilité un peu givrée.

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