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Mars 2005
01/03/2005
 

Virginia Haggard-Leirens d'André Colinet

André Colinet a eu la bonne idée de consacrer un film à Virginia Haggard-Leirens, photographe et compagne d’Henri Storck.

 

Henri Storck et un arbre

D’emblée on est frappé par le formidable appétit de vivre qui anime cette dernière. Elle nous retrace un parcours personnel exceptionnel avec une modestie confondante. Née en 1915, cette belle femme brune devient la compagne de Marc Chagall, s’éprend de Charles Leirens, un photographe belge réputé ce qui lui vaut des disputes violentes avec Chagall (1). Leirens lui apprend la photographie ce qui l’amène sur un tournage d’Henri Storck avec lequel elle participe comme photographe de plateau à la série dédiée au folklore belge. Leur histoire d’amour, se souvient Virginia, débute à Eupen et se poursuit au Groesselenberg. Storck y a son atelier, Virginia sa chambre noire.La caméra nous montre quelques personnalités captées par le regard de Virginia Leirens : Francis Ponge, Jouhandeau, Henri Langlois, Norge, Joseph von Sternberg, Jean Eustache rencontré au festival de Pesaro. Elle publie des albums. Sa vie, elle la consigne depuis toujours sur des notes et dans des carnets. Si elle a abandonné la photo c’est qu’elle ne dispose plus de chambre noire mais se rattrape en lisant Henry Miller. Elle confie que ce qui l’a séduit dans le milieu artistique c’est la liberté d’esprit qui y règne. « L’art à quoi ça sert ? A rien. On a besoin. Comme l’amour. »

Henri Storck et un gosseLe film  de Colinet est le portrait d’une artiste pour qui la liberté de créer s’apparente à la joie de vivre. La sobriété de la mise en scène est renforcée par l’exiguïté des lieux de tournage mais le désir du réalisateur de s’effacer devant son sujet ne rend que plus intéressant le parcours d’une artiste qu’il importe de redécouvrir.

JMV

(1) Virginia Haggard-Leirens, Ma vie avec Chagall, éd. de la Renaissance

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