Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
07/05/2009
Mots-clés : théorie du cinéma,
 

Cinéma de Bruxelles-Portraits et destins

 « On ne peut jamais tourner une page de sa vie sans que s’y accroche une certaine nostalgie ».

 Cinéma de BruxellesLe livre d’Isabel Biver, Le Cinéma de Bruxelles - Portraits et destinsreprésente à merveille cette citation. Chaque page est un tsunami de souvenirs et d’émotions qui stimulent, en chacun de nous, la nostalgie de cette époque cinéphilique. L’ouvrage, magnifiquement conçu, relate l’histoire du cinéma, de la première projection publique en 1896 dans la Galerie du roi jusqu’à l’ouverture, en 1988, du plus grand multiplexe du monde, le KINEPOLIS. L’opus rappelle une période révolue du cinéma, qui permettra, aux plus anciens, de se remémorer ces lieux où les souvenirs coulent à flots et de faire revivre des lieux fermés ou sauvagement transformés en magasins quelconques. En tout, Bruxelles a compté plus de 250 cinémas pour 450 enseignes différentes. Bruxelles est une ville qui bouge et ses cinémas en subissent le mouvement.

Avec sa mission d’inventaire, l’auteur déniche l’entièreté ou presque des cinémas de quartier de la capitale, et des lieux vivants, ou devrait-on dire, survivants, avec leur programmation allant du très commercial à l’Art et Essai en passant par les salles de répertoire et l’expérimental.
Parmi ceux-ci, nous retrouvons le Métropole, conçu par un architecte
de renom, Adrien Blomme, dans un style en partie Art Déco. L’objectif était de réunir le grand cinéma à l'hôtel, tous deux appartenant à la famille des brasseurs Wielemans. Avec ses 3000 sièges, le Métropole occupait la première place des cinémas de Bruxelles. Souvent comparé à un paquebot sur la Senne qui coulait à deux mètres trente sous le sol, son constructeur avait noté : « Il flotte dans l’eau comme un navire ». Le Métropole a tristement été sacrifié sur l’autel de la rentabilité.

L’Agora Palace, aujourd’hui remplacé par la galerie Agora, était la deuxième plus grande salle avec ses 2887 places. Il alliait grandeur et élégance avec ses magnifiques décors d’inspiration Louis XVI. De même, des salles luxueuses furent édifiées pour le Pathé Palace
 Dans un tout autre style, le Kursaal, le Mirano, le Métro, etc. font partie des anciens cinémas de quartier bruxellois qui sont, pour la plupart, devenus grande surface, garage, bowling, banque, etc.

Isabel Biver, ancienne guide culturelle, partage et représente cette passion commune du cinéma en publiant, dans son ouvrage, de nombreuses illustrations récoltées auprès d’une multitude de témoins et de collectionneurs, ainsi que des témoignages personnels d’ardents cinéphiles.

Ce livre permet d’une part d’emporter le lecteur dans le rêve d’un ailleurs étonnant qu’il trouvait auparavant dans les patrimoines architecturaux des salles bruxelloises, et d’autre part, d’insister sur la chute de fréquentation des salles bruxelloises.

Pour remédier à cela, plusieurs projets ont été mis en place : notamment celui de Claude Diouri et son « Actor’s River Boat », un cinéma sur une péniche de 82 mètres qui serait installée au Quai Béco du port de Bruxelles.

Cinémas de Bruxelles - Portraits et destins d’Isabel Biver, 200 pages de textes et d’images qui racontent l’histoire de ces cinémas rescapés ou disparus, qui ravivent la mémoire de ceux qui les ont fréquentés et attestent de la vie culturelle d'une société pas si lointaine.

Cinéma de Bruxelles - Portraits et destins, Isabel Biver. CFC Editions, collection Lieux de mémoire, 2009, 200p.

commentaires propulsé par Disqus