Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/04/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Desperado de Yves Bex

Yippie, une histoire de cow-boys et d'indiens ! Nick est un petit garçon qui se rêve en Buffalo Bill des cours de récré, à dégommer les Peaux Rouges après l'école. En croquant ses rêves d'enfant du Far West dans les marges de ses cahiers de devoirs, Nick s'invente une autre vie, pour échapper aux quolibets de ses camarades, et aux adultes qui le toisent. Mais petit à petit, ses rêves rejoignent la réalité...
Yves Bex est sorti de la KASK il y a maintenant 10 ans, mais Desperado est son premier film d'animation d'envergure. Pour rendre au mieux l'univers fantasmé de Nick l'apprenti-shérif, Bex a choisi le cellophane et le pastel - une technique et des couleurs qui combinent légèreté et flou des apparences, comme les rêves... Cela donne un film coloré, aux teintes douces et onctueuses : une véritable petite bulle de bonheur qui dévoile ses charmes dès les premières images.
Avec sa grosse tête et son air égaré, Nick ressemble un peu à Jimmy Corrigan, le héros de la BD éponyme de Chris Ware. Les dessins de Desperado révèlent le talent d'Yves Bex pour mettre en place une atmosphère : en ayant opté pour l'animation sur cellulos, dans des teintes tendres, le réalisateur a sans doute voulu souligner cette dichotomie rêve/réalité au centre de son film. Ces à-plats sans contours (comme pour éviter toute séparation entre le réel et l'imaginaire) nous plongent ainsi dans une histoire qui semble hors d'un quelconque espace-temps... Du réalisme magique à la sauce tex mex ? Pourquoi pas ! Yves Bex va même jusqu'à proposer une réflexion sur le trait, à l'origine de tout dessin : le bus qui transporte Nick et ses copains, en début de film, trace ainsi son propre parcours (la ligne jaune sur la route), tandis que les croquis de Nick prennent soudainement vie et s'échappent de son cahier. Après Chris Ware, Yves Bex nous ferait-il son Scott McCloud ?. Moralité : il ne faut pas laisser ses rêves trop envahir le réel (ou vice-versa), sous peine de ne plus vivre qu'un cauchemar.

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