Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Festival Massimadi

Homosexualités noires

La première édition du festival Massimadi, organisée par l'asbl Les Identités du Baobab, s'ouvrira au théâtre Bronks, le 9 mai prochain. Ce festival se définit comme un festival de films lesbiens, gays, bi et trans' d'Afrique et de ses diasporas. 

Affiche Festival MassimadiLe nom du festival provient de la contraction des noms créoles « Massissi » et « Madivinez », termes négatifs pour désigner les gays et lesbiennes. Il s'agit du retournement d'une insulte pour en faire quelque chose de positif. Joëlle Sambi, l'une des collaboratrices du festival, nous explique les motivations qui ont permis la création de ce nouvel événement culturel queer : « Il s'agit de mettre en lumière une culture LGBT afro trop souvent vue négativement, et de battre en brèche l'universalisme que l'on tente de plaquer à l'homosexualité. Les manières de comprendre et de vivre sa sexualité et son identité de genre sont très différentes d'une culture à l'autre, d'un continent à l'autre ».

De fait, le festival crée des liens entre les films, explore les territoires des Etats-Unis et d'Afrique noire, et tente de brosser un portrait très complexe des orientations sexuelles et des trans-identités dans la culture afro-américaine. « On souhaitait participer aux débats, parfois durs et violents, sur les homosexualités en Afrique et diasporas en mettant en avant des films où les personnages existent, essaient d'avancer malgré des contextes politiques difficiles. Les films ont donc été évidemment choisis selon des critères géographiques, car à côtés des Etats-Unis où les homosexuels sont reconnus, il fallait proposer d'autres réalités comme au Cameroun ou dans les Caraïbes. »

Ainsi, la programmation propose, en clôture, Children of God qui interroge la haine homophobe qui sévit aux Bahamas. Sur un ton beaucoup plus léger, la tragi-comédie Family, conte les aventures d'un groupe d'amies lesbiennes décidées à vivre au grand jour, et Woubi Chéri suit des couples d'homosexuels en Côte d'Ivoire. Le festival propose également un très beau travail sur la mémoire noire homosexuelle avec deux séances essentielles : l'une consacrée à Isaac Julien, cinéaste incontournable de la culture gay noire, avec le magnifique Looking for Langston, moyen métrage qui évoque le Harlem des années 30-40. L'autre permet de revoir l'indispensable Tongues Untied de Martin Riggs, qui analyse les liens entre homophobies et racismes. Enfin, Pariah, le film d'ouverture, est une vrai réussite, subtilement écrite, qui suit une jeune lesbienne butch (fille masculine), entre premières amours, poésie et révolte familiale.

Centré sur le cinéma, le festival n'en proposera pas moins d'autres disciplines comme la danse, avec Nkul Nnem Zehmane, groupe de danse afro contemporaine qui fera un balayage de la danse du nord au sud du continent africain, mais également le cabaret, avec le drag queen show de Madame Krystal et bien entendu, la musique, qui viendra rythmer cette première édition que l'on espère réussie. 

Festival Massimadi, du 9 au 11 mai 2013 au BRONKS - Varkensmarkt 15-17 1000 Bruxelles – www.massimadi-bxl.com

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