Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Je fais le mort de Jean-Paul Salomé

Cadavre et ski 

La distribution n'est pas une science exacte, mais obéit tout de même à certaines règles. L'année est en effet divisée en cycles, en périodes plus ou moins propices pour sortir tel ou tel long métrage. La diminution de la durée de vie des films en salle et l'obligation induite de résultat immédiat laisse peu de marge de manœuvre aux petits films dans la dernière partie de l'année. La sortie en octobre ou novembre est vivement conseillée car décembre et les fêtes s'avèrent être une période ultra-concurrentielle, une véritable bataille pour exister au box-office. Difficile en effet de trouver sa place entre le Disney annuel, le blockbuster annoncé (salut les hobbits) ou les comédies familiales. Et dans cette catégorie, je voudrais Je fais le mort.

François Damiens dasn Je fais le mort de Jean-Paul SaloméJean Renault est un comédien raté, tellement pointilleux et insupportable sur un plateau que le tout-Paris cinématographique le fuit. Pour sauver ses indemnités de chômage, il endosse un rôle bien particulier, celui d'assassiné lors de reconstitutions de justice, à Megève. Sa méticulosité va révéler les détails bâclés de l'enquête et relancer cette dernière...
C'est hors-saison, et dans le cadre de la très huppée bourgade savoyarde, que se déroule le film, qui oscille entre comédie et polar. Choix judicieux tant la réserve, les non-dits des montagnards et l'isolement dû au relief sont propices aux intrigues policières. Mais les possibilités offertes par ce vaste terrain de jeu ne sont utilisées qu'a minima par le réalisateur, donnant le ton général du film. Un chalet isolé par-ci, la réglementaire tempête de neige par-là, rien ne dépasse ni ne surprend. Jean-Paul Salomé (Belphégor, Arsène Lupin...) respecte en effet, avec une précision d'horloger suisse, les canons de la production destinée au prime time d'un dimanche soir frisquet. On se laisse ainsi bercer, mais l'on aimerait plutôt se faire ensevelir. La mise en scène est aussi efficace – il s'agit de son huitième long métrage tout de même - que lisse, écartant toute prise de risques. Les gags et les rebondissements s'enchaînent mais, là encore, peu (voire pas) d'inédit.

Salomé se repose alors beaucoup trop sur la performance de son acteur principal pour tenir la baraque. Heureusement, François Damiens s'acquitte de cette tâche avec brio. La finesse de ses mimiques, la justesse de son jeu - entre retrait et exagération - font de ce Jean Renault un personnage atachant. Il contraste fortement avec une Géraldine Nakache bien terne, tout comme leur syndicale bluette.

Le réalisateur rend, avec Je fais le mort, une copie correcte qui devrait certes, trouver son public, mais qui reste, malgré un séduisant matériau de base, bien fade et trop engoncée dans les codes actuels du divertissement télévisuel.

En salle le 11 décembre

 

 

 

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