Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Mai 2013
 

Le cinéma des frères Dardenne : Un réalisme responsable, de Philip Mosley

Philip Mosley, professeur d'anglais et de littérature à la Pennyslvania State University, dépeint le cinéma des frères Dardenne depuis leurs premières images jusqu'au film Le Gamin au Vélo en faisant le point et l'historique de toute une carrière. Description et analyse d'un cinéma responsable.

publication : dardenneAvec deux Palmes d'Or décrochées au Festival de Cannes, une pour Rosetta, en 1999, et une deuxième pour L'Enfant, en 2005, les frères Dardenne ont rejoint un groupe d'élite du cinéma (Francis Ford Coppola, Emir Kusturica, Bille August, Shohei Imamura), deux fois lauréats d'une des plus prestigieuses récompenses de l'histoire du cinéma.

Philip Mosley revient sur la naissance de ces deux Belges - reconnus aujourd'hui mondialement - et raconte de quelle manière ils ont construit leur identité cinématographique au fil des années et des tournages, des documentaires et des films, en restant à contre-courant des productions hollywoodienne et en dehors du circuit commercial. Ils créent notamment leur propre société de production, Les films du Fleuve, ce qui leur permet d'assouvir librement, et de manière indépendante, leur passion du cinéma et de produire des films qui se placent entre l'essai poétique et le cinéma militant. En cela, ils se différencient du cinéma contemporain en prenant la forme du cinéma traditionnel classique, mais avec une approche moderne non-conventionnelle avant-gardiste unique.

Le livre suit le parcours des frères chronologiquement, en débutant avec leur premier documentaire Au commencement était la résistance (1974), terminant avec Le gamin au Vélo (2011) et en passant par la percée de La Promesse (1996) et la consécration de Rosetta (1999). Tout en donnant au lecteur des détails techniques (matériel utilisé, type de cadres et de plans choisis,...), l'auteur s'appuie sur l'avis de critiques (la critique britannique Claire Monk), de grands penseurs comme Marx, et analyse les choix des frères en expliquant, en détail, la façon dont chaque tournage s'est déroulé : castings, choix du sujet et des lieux de tournage, écriture du scénario, mise-en-scène.

Cet ouvrage place aussi simultanément chacune des œuvres en parallèle avec de grands maîtres et les films qui les ont inspirés (Ken Loach, Akira Kurosawa, Jean-Luc Godard, Robert Bresson, Charles Chaplin,...), mais aussi avec les cinéastes nationaux (Thierry Michel, Henri Storck, André Delvaux, - qui ont, tous ensemble, forgé le cinéma belge -), et les grands penseurs et auteurs qui les ont influencés (Emmanuel Levinas, Hanah Arendt, Shakespeare, Camus, Beethoven,...).

Les films sont à chaque fois situés dans leur contexte historique et socio-économique et l'auteur prend le temps de conter l'histoire de la Belgique, de la Wallonie et plus particulièrement de la région natale des deux cinéastes, Liège-Seraing, essentielle pour comprendre leur travail : immigration ouvrière, crise de l'industrie du métal, désenchantements politiques, reconnaissance de la culture Wallonne, agissements de la mafia,... Car, comme l'explique Jean-Pierre Dardenne dans le livre : « Notre vie est notre première source d'inspiration ».


The cinema of the Dardenne brothers : responsible realism, Philip Mosley, Wallflower press,152 pages.

Pour plus d'informations : Derek Xarker

(212)-459-0600 x7127

dw2216@columbia.edu

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