Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Novembre 2016
 

Les Enchanteurs de Frédéric Laffont

Le documentaire, Les Enchanteurs de Frédéric Laffont nous fait pénétrer dans les coulisses de la Monnaie. José Van Dam nous guide à la découverte de cet opéra prestigieux. Il en retrace brièvement l’histoire. Né au XIXe siècle, il s’inscrit dans la tradition de l’opéra italien né à Florence deux siècles plus tôt. Il donne la parole aux musiciens et aux chanteurs, mais aussi à ceux qui travaillent dans l’ombre, les machinistes, les costumières. Son récit est empreint de simplicité, de la naissance du livret et de sa musique à la représentation somptueuse qui en constitue le couronnement. Le film sera projeté en Première internationale le dimanche 20 novembre à 17h00 à Cinematek dans le cadre du BAFF – Brussels Art Film Festival.

La magie du théâtre, on le sait, réside dans le fait qu’au début il n’y ait qu’une simple idée dont le développement fera jaillir une forme unique, une création transmissible au public, susceptible de susciter le rêve. C’est un très long travail auquel tous se trouvent associés.
Les vocations d’un musicien classique, d’un machiniste, du directeur de la Monnaie, possèdent en commun un émerveillement dès l’enfance au contact avec le théâtre et l’opéra. Un technicien raconte qu’il accompagnait son père qui interprétait à la Monnaie l’opéra pour enfants « Hansel et Gretel ». Le directeur construisait dans la maison familiale de petits théâtres dont il inventait les histoires.

Les métaphores marines sont nombreuses pour évoquer la participation de chacun à l’aventure que constitue toujours la création d’un opéra. Les premiers machinistes de théâtre étaient des marins. Ils montaient et descendaient les décors comme on hisse des voiles. C’est une navigation au long cours. On prépare les spectacles souvent pendant plusieurs années, puis dans les ateliers pendant plusieurs mois et les répétitions durent ensuite des semaines entières. Mais sur scène, on ne jouera l’opéra qu’une dizaine de représentations. Deux ou trois cents personnes sont à bord de ce bateau, fragile, menacé par la tempête. Les ateliers sont les creusets invisibles de l’opéra. On y découvre des costumières dont la connaissance de l’histoire des costumes étonne et fait merveille. Se succèdent les beaux portraits du souffleur, des coiffeurs qui confectionnent des perruques, notamment. Et cette constatation que l’on fabrique des choses qui ne servent pas, mais la création d’outils inutiles n’est-elle pas une définition de la poésie ?

L’évocation des grands opéras, l’Orphée de Glück, le Don Juan de Mozart, permet de mieux comprendre les liens de cette tradition avec la modernité. La mythologie peut être un moyen d’interpréter la réalité d’aujourd’hui. C’est une clé, affirme un chanteur, pour évoquer la condition humaine la plus extrême, la révolte, la vie et la mort.

La création contemporaine occupe une place importante dans le répertoire de La Monnaie. Penthésilée de Pascal Dusapin s’inspire des conflits en Irak et en Lybie. Pendant la guerre en Bosnie, un opéra a été monté à Sarajevo avec des gens qui souffraient de la faim et du froid. La guerre était finie depuis quelques jours, raconte le témoin, mais on tirait encore la nuit. Ce furent pour celui-ci des moments très forts.

L’opéra, dit un chanteur, nous offre un miroir où se reflètent la beauté ou la laideur du monde. Sa vocation est de créer de l’ordre dans le chaos.

Lors d’une conférence de presse, le directeur de La Monnaie regrette que le soutien à la culture ne soit plus à l’ordre du jour. Avec la Grèce, l’Italie et l’Espagne, la Belgique est à la traîne.

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