Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Perfect Darkness

Perfect DarknessCe court-métrage envoûtant nous emmène sur un territoire étrange, dans une nature majestueuse et inquiétante où va se retrouver, s'aimer et se déchirer un couple perdu dans cette immensité. Anna et Gus sont en vacances. Anna est enceinte et la première fois que nous la voyons, elle semble inquiète, seule, appuyée sur un rocher. La voix de Gus la rassure immédiatement, même si lointaine. 

Il la retrouve et ils poursuivent leur chemin, vers la mer toute proche. Pour raconter cette histoire banale qui bascule dans le tragique, Maaike Neuville a réalisé son film en un seul plan-séquence techniquement et esthétiquement remarquable, qui hante le film d'une présence invisible constante, comme si le couple était observé et suivi. Il construit une atmosphère lourde et oppressante digne des meilleurs thrillers. L'introduction, un long panoramique circulaire sur la montagne, enveloppe d'emblée le spectateur dans un univers au bord du fantastique : grottes béantes, échos moqueurs…

La virtuosité de la réalisation, l'amplitude des mouvements de caméra qui, par pans entiers, s'éloigne du couple et se perd dans le paysage, tire le récit vers l'abstraction, où les points de vue objectifs et subjectifs fondent de l'un à l'autre. Le son est l'élément qui fait dès lors le lien entre le couple, désormais hors-champ et l'image, ailleurs, hors-couple, leur voix étant toujours présentes. 

À cette réussite formelle se joint une tension dramatique vécue par ces amants en crise et dont le dénouement perturbe durablement. 

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