Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/12/1999
Mots-clés : critique de cinéma
 

Quand on est amoureux, c'est merveilleux de Fabrice du Welz

La vie en rose...foncé
Dans un décor bancal et décalé vit Lara, une femme ravagée par le manque d'amour (Edith Le Merdy, beaucoup trop rare, livre une fois de plus une formidable composition). Pour ses 40 ans, elle décide de s'offrir à domicile les services de Joe, un stripteaseur. Elle rêve de vivre avec lui un amour intense et passionné, mais Joe est uniquement intéressé par l'argent qu'il est venu gagner et refuse d'entrer dans le fantasme érotico-romantique de Lara. Repoussée une fois de plus, cette dernière commet l'irréparable et tue Joe. Elle conserve le cadavre et projette sur lui ses fantasmes de vie de couple, ce qui ne va pas sans inconvénients pour les voisins (l'odeur). Et puis Lara ne s'est pas aperçue que, dans l'ombre, un autre "monstre" l'aime tendrement.
La poésie noire de Delicatessen rencontre l'humour agressif du professeur Choron: un univers d'une noirceur extrême, des personnages sordides, des rapports sociaux réduits à leur plus simple expression, le tout décapé à l'humour sarcastique, mordant comme de l'acide de batterie. Une manière abrasivement originale de parler de sujets sensibles: la solitude, l'incommunicabilité, le manque d'amour et ses conséquences. Et le réalisateur réussit l'impossible pari de faire un film qui accroche et qui touche au départ de ces ingrédients. Décors, gueules, lumières, cadrages, focales: il organise de manière quasi symphonique les éléments d'un univers fantasmatique d'une cohérence absolue, tout entier au service de son histoire et de ses personnages. Notons également, pour l'anecdote, le plaisir que l'on a à croiser quelques personnages bien connus des Bruxellois, comme le duo formé par Pingouin et Noël Godin.

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