Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/04/2004
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Quelque chose dans le noir de Jean-Jacques Goffinon

Quelque chose dans le noir

Dans l'obscurité de la route, trois hommes enfermés dans une voiture cherchent le chemin pour se rendre à une fête. Soudain ils écrasent une blonde qui fait de l'auto stop. Si ça vous dit quelque chose, ce n'est pas par hasard. Le premier court-métrage de Jean-Jacques Goffinon est en fait inspiré du livre Il y avait quelque chose dans le noir qu'on n'avait pas vu de Thomas Gunzig (Prix Rossel en 2001) Et, je vous l'avoue, s'il y a quelque chose dans le noir du cinéma belge, c'est bien l'apparition d'un nouveau talent.
Mais en quoi consiste exactement le talent de Goffinon? Deux mots peuvent définir son premier " opus " : Noir et Manipulation. D'accord, ce n'est pas innovateur mais la réinvention est aussi une qualité à apprécier. Noir parce que la route et l'humour ont cette couleur en commun. Manipulation parce que le scénario, fondé sur des flash back et des flash forward, joue plusieurs fois de manière efficace avec notre esprit. Réussir cela dans un premier court n'est pas évident.
Bien dirigés, Guy Theunissen, Philippe Résimont et Serge Baudoux ont des interprétations solides qui s'équilibrent dans le contexte de la fragilité des situations vécus par leurs personnages. L'histoire est narrée avec un cynisme désespéré par l'un des trois copains. Goffinon construit un bon scénario où une situation tragique devient un récit burlesque, basculant entre l'hystérie et le sang froid. La brutalité devient alors la source d'un humour absurde développé jusqu'à l'ironie du trauma post événement. À la fin, il n'y a pas un twist à l'américaine, mais il y a une étonnante révélation.
Satire noire à l'état pure, Quelque chose dans le noir possède néanmoins une subtilité raffinée, le point de vue de Goffinon s'éloigne du cliché gore et ne peut qu'indiquer un remarquable début. Un talent à suivre.

 

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