Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2002
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Une Fille de joie d'Olivier Van Malderghem

 Cette fable réalisée autour du rêve et d'un souvenir fait la part belle au goût de la mystification de son scénariste- réalisateur et se sert au mieux des techniques narratives et filmiques, un exercice qui flatte le cinéma qui s'y prête à merveille. L'histoire est simple, c'est celle d'une promesse de retrouvailles que Herman a faite avant de devoir se séparer de son aimée Léa lors d'une rafle de la Gestapo pendant la guerre. Herman a promis à Léa qu'ils se retrouveraient le jour de son anniversaire sur la jetée à Ostende. Les remords de l'avoir laissée restent cuisants et le pourchassent dans ses cauchemars, il croyait que c'était après les Juifs que les nazis en avaient, pas les Juives. Depuis les années ont passé et Herman a perdu la vue mais, tous les ans plein d'espoir, il se rend à Ostende espérant retrouver sa bien aimée.
Cependant alors qu'il s'est assoupi devant son échiquier au Greenwich il est convaincu d'entendre la voix de Léa mais il s'agit de Sophie une prostituée... Poésie du titre et ambiguïté du véritable rôle que jouent ces femmes, Sophie fera renaître par sa voix la présence de Léa en acceptant de lui relire ses lettres. A noter le découpage méticuleux de ce film a tiroir ou les différents niveaux de la réalité et de la temporalité accompagnent la lecture du spectateur. On apprécie également le jeu mesuré mais ample des comédiens qui ne sombrent dans aucun excès et un plan final filmant la jetée d'Ostende qui fera pâlir d'envie nombre de réalisateurs. Le film existe en deux durées, une version de 23 minutes, projetée à Namur et une autre de 9 min, plus elliptique mais non moins empreinte de poésie et de tendresse.

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