Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/04/2004
 

Viva Laldjérie de Nadir Moknèche

Belle, bien campée sur ses deux jambes, fonceuse car la vie le veut ainsi, débrouillarde et autoritaire avec sa mère Papicha (Biyouna), pour la préserver de son délire mélancolique d'ex-chanteuse de cabaret, Goucem, incarnée par Lubna Azabal, comédienne belge d'origine marocaine, est une jeune fille romantique qui rêve d'amours éternelles, de bonheur et d'enfants mais qui doit se contenter d'être rebelle et ambitieuse dans cette Algérie où l'on disparaît sans plus d'inquiétudes, où les artistes sont des parias, où l'administration se plaque sur une structure féodale et où les jeunes filles et jeunes garçons se déchirent d'un excès à l'autre !
Lubna Azabal, proposée à Berlin dans la compétition pour la Meilleure actrice, pour son interprétation dans Viva Laldjérie, porte littéralement ce film. Cette jeune comédienne a, à son actif, une longue expérience des plateaux ; après les courts métrages de Stéphane Vuillet, le Sourire des femmes, et J'adore le cinéma de Vincent Laanoo, c'est Loin d'André Téchiné qui la révéla. Ont suivi les Siestes grenadines de Mahmoud Ben Mahmoud et en 2002 elle tient le haut de l'affiche d'Un monde presque paisible de Michel Deville.
Nadir Moknèche, jeune réalisateur algérien, à qui l'on doit  Le Harem de Mme Osmane , avec Carmen Maura et Biyouna, hurle sur le même ton que son premier long métrage la nausée que lui provoque la dérive de son pays et qui, avec le poète, déclare que la femme est l'avenir de l'homme.
Pourvu qu'elles l'entendent !
Cette Année de l'Algérie en France a soutenu l'éclosion d'oeuvres artistiques et culturelles et nous permettra de découvrir bientôt sur nos écrans un long métrage, les Suspects, signé par un réalisateur belgo algérien, Kamal Dehane, et qui, lui aussi, renoue avec un passé militant pour dénoncer le chaos de son pays d'origine.

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