Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2008
 

Wong Kar-Wai, la modernité du cinéaste asiatique

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Wong Kar-Wai
wong kar-waiNé à Shanghai (il va y tourner son prochain film), Wong Kar-Wai, âgé de cinq ans, accompagne ses parents dans un Hong Kong constitué en trois parties : l’île, la péninsule de Kowloon et les Nouveaux territoires. Habitué à parler mandarin, il y découvre le cantonnais. C’est la belle époque de la colonie british avant la rev. cul. Maozedongienne (celle-ci se déclenchant en 1966 le prive de son frère et de sa sœur aînée restés à Shanghai). Son enfance est bercée par le cinéma que lui font découvrir ses parents.
Cette enfance-là, vécue dans un passé révolu à jamais par la rétrocession, en 1997, de Hong Kong à la Chine, Wong Kar-Wai ne va pas l’oublier. Les souvenirs d’une période qui s’est dissoute lors des émeutes en faveur de la rev. cul. chinoise (provoquant le départ de la diaspora hongkongaise) sont les sources intarissables du sentiment du temps qui passe, cher aux films de WKW.


La fin de In the mood for love a lieu au Cambodge en 1966, écrit Bamchade Pourvali, au moment où le Général De Gaulle vient prononcer un discours à Phnom Penh… Dans le générique de 2046, on entend la voix de Margaret Thatcher promettre que le statut de Hong Kong restera inchangé pendant cinquante ans après le 1er juillet 1997 » (hum, hum, hum, il court, il court le furet du bois joli).
Si In the mood for love suivi de 2046, les deux films phares de Wong Kar-Wai, dont nous parle l’auteur, ont conquis tant de spectateurs en Occident, c’est qu’ils traitent, d’une façon émouvante, de la passion amoureuse; et cela de manière d’autant plus surprenante que cette grande histoire d’amour se passe en Asie. Un sentiment que l’on croyait peu connu là-bas et où l’amour-mariage prédomine. L’histoire de In the mood for love aborde donc avec l’amour-passion un sentiment nouveau dans l’Asie des années 60.
En 1939, Denis de Rougemont, dans l’Amour et l’Occident, avait défendu une conception de l’amour-passion propre à l’Occident apparue avec l’amour courtois au XIIe siècle (c’est oublier l’Orient et l’Iran).
Classique, moderne, maniériste ? Les critiques traitant le style de WKW de maniériste nous amusent (ils ne cessent, dans un parfait maniérisme, de cirer les bottes des blockbusters). Enfin, bel à propos de Pourvali qui signale que Les Cendres du temps (Dung che sai duk-1994) est une préfiguration de 2046. C’est en effet un film époustouflant qui dilate complètement le genre du Wu Xia Pan (films de sabre) pour en faire un film purement mental comme 2046.
Wong Kar-Wai, la modernité du cinéaste asiatique, éditions Amandier/Archimbaud, collection, ciné-création, dirigée par Frédéric Sojcher.

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