Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Mai 2012
 

Big Bill Blues de Jean Delire - Belfilm

photo  Big Bill Blues de Jean DelireAvant que le Festival de Cannes ne propulse, dans le capital de la visibilité, le cinéma belge grâce à Jaco Van Dormael et les frères Dardenne, le cinéma de Belgique existait déjà, mais plus discrètement. Il s'agissait d'un petit commerce, ou plutôt d'un artisanat très vivant. Dans les années soixante, Lucien Deroisy, Jean Delire, Paul Meyer, Luc de Heusch et quelques autres présentaient aux spectateurs attentifs et curieux leurs longs métrages dans nos salles de cinéma. S'inspirant de l'élan et d'un certain bricolage de la Nouvelle Vague (réaliser des films avec peu de moyens), la plupart d'entre eux se servaient de la pellicule en noir et blanc.

Avant de filmer, en 1969, le changement et la transformation d'une comédienne (Danielle Denie) qui tombe enceinte dans  Plus Jamais Seuls , Jean Delire a réalisé l'un des plus beaux films jamais consacrés au jazz :  Big Bill Blues  (Ours d'argent au Festival de Berlin, en 1957). William Broonzy (Big Bill), un musicien de blues, interprète quatre chansons dans une cave appelée La Pléiade  et située sur la Grand Place de Bruxelles. Aux oreilles, l'émotion musicale autour du flux sonore de Big Bill, et aux yeux, le contraste de l'obscurité et de la lumière dans les détails : les volutes de fumée de cigarettes, des cierges allumés dans des carafes de vin italien, des verres miroitants lorsqu'on les remplit d'alcool, une paille dans une bouteille de Coca vers des lèvres qui aspirent la boisson et qui se raccordent avec les cordes vibrantes de la guitare du musicien. Dans un plan plus large, on peut reconnaître, parmi les auditeurs, Margo et Yannick Bruynoghe (l'un de nos grands critiques de jazz à l'époque, lequel a collaboré au film, ainsi que Jacques Boigelot que l'on aperçoit au milieu du cadre). La collection  Made in Belgium  de Paul Geens vient de nous l'offrir en DVD (édition et diffusion Belfilm) sous le titre  Jazz on film . On y trouve aussi  Sax-o-phone  de Jean Delire,  Improvision sur l'Escaut de Philippe Colette et  La nuit est une sorcière  de Marcel Martin. Avant le tapis rouge de Cannes, découvrons quelques miroitements dans Bruxelles très jazzy... non peut-être !


Jazz on film -  Big Bill Blues, Sax-o-phone de Jean Delire, Improvisation sur L'Escaut de Philippe Collette, La nuit est une sorcière de Marcel Martin
Edité et diffusé par Belfilm 

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