Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
12/01/2010
 

Chop Shop, de Ramin Bahrani

Chop Shop

Après Man Push Car, le premier long métrage de Ramin Bahrani, cinéaste américain d'origine iranienne, voici son second film Chop Shop (expression argotique signifiant le fait de démonter des voitures volées afin de les vendre en pièces détachées). Le réalisateur filme le monde des immigrants, des marginaux (vendeurs ambulants dans Man Push Car) et des déracinés latinos (entre misère et débrouille dans Chop Shop).

 

chop shop

Alejandro, adolescent orphelin, a trouvé refuge pour survivre dans un garage du Queens à New York, pour être plus précis à Willets point, à deux pas du Shéa Stadium (l'enceinte des matchs de base-ball), un endroit où se concentrent des carrossiers et des garages de pièces détachées.

La nuit, on plonge dans une zone glauque, de métal et de boue, dans laquelle on survit, à tout prix, en pratiquant différents trafics (voitures ou pièces volées). Alejandro a le désir d'acheter un camion afin de pouvoir monter une affaire (un Snack ambulant) qui lui offrirait un job ainsi qu’à sa sœur Isaman. Alejandro a une relation tendre avec cette sœur qui joue les prostituées pour arrondir les fins de journées (ce qui permet à Alejandro de lui piquer du fric pour acheter le camion). Rob, le garagiste de réparation rapide, logeur d'Alejandro et Isaman, joue son propre rôle. Les adolescents, eux, sont interprétés par de jeunes débutants, des acteurs non professionnels comme les aime le cinéma iranien.

Ramin Bahrani joue entre fiction et documentaire, tant pour capter la relation compliquée entre Alejandro et Isamar que pour montrer le ballet des voitures, les gamins hélant les chalands, le chaos des pièces détachées. Bahrani ne s'intéresse qu'à la vie, au regard sur le monde qu'offrent les enfants et les adolescents pour survivre. Il nous montre des invisibles de l'écran du spectacle, des gens qui ne sont pas dans la chaîne de la consommation des images. Le dernier plan du film possède un côté Abbas Kiarostami (la fleur dans le cahier de Mohamad Reza qui scelle l'amitié d'Ahmad et Mohamad dans Où est la maison de mon ami ?) et Vittorio De Sica (à la fin du Voleur de bicyclette, Bruno redonne la main à son père). Dans Chop Shop, Isamar et Alejandro se retrouvent, le matin, au milieu du vol de pigeons du garagiste.

Chop Shop, de Ramin Bahrani, édité par Imagine, diffusé par Mélimédias

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