Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
07/06/2007
 

Dji vou veu volti de Benoît Feroumont

On ne badine pas avec l’amour

Six ans qu’on l’attendait, le nouveau film de Benoît Feroumont. Et, surprise, ce bédéiste qu’on croyait définitivement accroché au dessin animé nous sort un film tout en images de synthèse, sans rien sacrifier des qualités qu’on avait pu apprécier sur Madame O’Hara ou sur Bzz notamment : une préparation minutieuse, un grand souci du détail, un sens du rythme affirmé et un humour roboratif, sans oublier la touche sentimentale avec lequel il met définitivement le public dans sa poche.

 

Dans un château médiéval, un ménestrel s’est introduit avec l’intention de séduire la princesse qui se morfond en haut de sa tour. Dji vou veu volti, scande-t-il sur toute la gamme et sous sa fenêtre, en s’accompagnant de son luth. C’est du wallon et ça veut dire I Love You, je l’ai lu sur le sous-titre. Un sous-titre qui, d’ailleurs, commence à en avoir sa claque de répéter toujours la même petite phrase. Le voilà qui se rebelle, prend vie, fait preuve d’une très mauvaise éducation, et sème une invraisemblable perturbation, dont finiront par pâtir notre séducteur roucoulant et sa blonde tourterelle.

Le film combine une technique irréprochable à une narration sans temps mort. Comme dans Bzz, la musique rythme l’action, ponctue le film et donc, joue un rôle fondamental. La petite ritournelle composée par Johan Desmet et arrangée de façon variée joue merveilleusement ce rôle. Elle contribue à donner à ce badinage au destin tragique, le ton enjoué qui transforme l’essai.

Très apprécié au festival du court métrage de Bruxelles, Dji vou veu volti va représenter la Belgique au festival d’Annecy avec, dans son escarcelle, un bouche à oreille plus que favorable. Et à Bruxelles, le film, très applaudi, a également reçu le prix de la presse, à savoir … un sous-titrage offert par LTI. Et on dit que les critiques de cinéma n’ont pas le sens de l’humour ? 

 

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