Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2008
 

DVD-philes: Election 1 et 2 de Johnnie To

Election 1 et 2 de Johnnie To

electionFabulous et tellement mieux que Shanghai triad. Si Si. Qui plus est, vous n’avez pu les voir en salles qu’à Paris (comme la plupart des films de Johnnie To depuis Running out of time et les trois incontournables que sont The Mission, Breaking news, PTU) car la Belgique est trop gnangnan pour apprécier the fabulous Johnnie To (sauf Exiled que Cinéart a eu la bonne idée de diffuser, on allume nos bâtons d’encens). 
Hum, hum, hum, my cup of To, please ! - Désolé my Lord, il n’y a plus guerre de thé – Diantre, mon ami, dans quel pays vivons-nous, sans thé ni To !- Sans thé du To, my Lord ! – Cher Dagobert, de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus à l’envers ! - To à fait, my Lord, quels toutous !
Johnnie To peut être considéré comme le successeur à Hong Kong du génial Tsui Hark, ce qui n’est pas une mince affaire. D’autant qu’il est, lui aussi, inconnu au bataillon endormi des Belges. To c’est quarante films dont nous n’avons vu qu’un quart, un style à rendre gaga les cinéastes européens (deux films par an les loulous). On en a la tête qui tourne, submergée par l’énergie stylistique du nouveau maître de Hong Kong. To! To! To!

Election 1 et 2 sont les deux plus beaux films réalisés par Johnnie To. Il ne s’agit pas seulement d’un film de genre comme les magnifiques polars précédents, mais d’une perspective historique et une réflexion politique sur la relation entre Hong Kong et la Chine populaire (Chine pop.). Une Chine qui essaie d'imposer à Hong Kong l'ancien système féodal pour lutter contre la démocratie. Il fallait être un réalisateur catalyseur pour oser montrer la nouvelle période que vit Hong Kong à côté d’une Chine pour qui la démocratie est le dernier des soucis.

Election 1 et 2 est un jeu d’échec se déroulant à Hong Kong (y compris Kowloon et les nouveaux territoires) et la république pop. de Chine. On démarre par un jeu tordu où une campagne électorale pour devenir le patron de la triade, provoque une guerre des gangs où personne ne veut lâcher le terrain dans lequel la mafia chinoise exerce un pouvoir dans les différents secteurs de l’île de Hong Kong. L’oncle veut imposer Lok (Simon Yam) pour un leadership de deux ans, sous l’œil sournois de Pékin et de la police (ex-britannique) de Hong Kong. Car c’est bien là – plus que l’aspect gunfight qui est un genre dans lequel To excelle, par ailleurs – ce qui se joue dans ce film shakespearien, à qui va revenir l’exercice du pouvoir lors de la rétrocession de Hong Kong au gouvernement de la Chine pop., en 1997. Lok est renversé par Jimmy (Louis Koo) qui représente le désir de la jeune génération, sauf que, pour rouler la Chine, il faut se lever tôt et ne pas se vouloir démocrate. Cela ressemble à quoi ce ridicule système où tous les deux ans le pouvoir change de patron ? On vous le demande chers héritiers de tonton Mao !

Désormais, on maîtrise, à Pékin, la Rev. Pop. cul.(1), non mais ! On ne vous raconte pas la fin où Jimmy, au bord de la crise de nerf, ne sait plus quel Bouddha allumer sans perdre son souffle. Hallucinant. À revoir à tout prix. Une scénariste française, nous a sorti To de go ; si j’étais plus jeune j’épouserais Johnnie To. Wahoooou !

Election 1 et 2, Johnnie To, Liberty Production, diffusion Mélimédias.

(1) Rev. Pop. Cul. : célèbres ouvrages parus en 10/18 dans les années 70.

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