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novembre 2006

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10/11/2006
 

L'Iceberg de Fiona Gordon, Dominique Abel, Bruno Remy

Un plaisir renouvelé

 

Petit chef-d'œuvre d'humour et de poésie décalés, L'Iceberg de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy sort en DVD, et c'est une aubaine pour ceux qui auraient raté sa sortie en salles. Renouant avec la grande tradition des Keaton et des Tati, ce premier long métrage transpose avec brio l'univers théâtral si particulier d'Abel et Gordon en une invention cinématographique où les corps parlent et racontent notre fragile présence au monde.

Maîtrisé d'un bout à l'autre, cet Iceberg qui nous fait fondre, déploie la magie subtile et toute en finesse d'une réalisation aboutie où le jeu clownesque et la transposition burlesque donnent naissance à un imaginaire dont nous nous sentons très vite partie prenante. Car une des qualités, et non des moindres d'Abel et Gordon, est de penser la relation au spectateur. L'Iceberg est une invitation à affiner son regard, à aller voir au-delà d'une certaine banalité du réel, ce qui se joue quand des êtres se rencontrent, quand des hommes et des femmes quittent l'aveuglante sécurité des repères quotidiens pour s'embarquer vers où leurs rêves les mènent.

Art de voir autrement, doux mouvement de bascule vers un ailleurs qui est déjà notre présent, le style et la manière de nos trois compères tient de l'enchantement. Et comme nous succombons à la magie de leur savoir-faire, se laisse deviner une aventure humaine chaleureuse et essentielle.

Et c'est là où les bonus qui accompagnent le film touchent juste. En une longue interview avec André Joassin, les réalisateurs livrent les arcanes de leur façon de travailler. Y sont abordées les questions de jeu : comment écrire avec son corps, habiter ses émotions. De la réalisation : comment tendre vers un langage universel, trouver la cohérence entre le ton et le propos, incarner à l'image la figure du clown. Ils soulignent l'importance des répétitions et des complicités entre lieu de vie et lieu de création et expliquent leur passage de la scène à la caméra en une véritable leçon de cinéma qu'ils illustrent par des scènes coupées et des extraits de répétitions. On regrette le trop petit nombre et c'est dire, oh combien, on en redemande. 

L'Iceberg de Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy, édition Cinéart, distribution Twin Pics 

 

Philippe Simon
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