FacebookTwitter
Webzine
décembre 2007

Vidéo

Entrevue

Critique

Sortie DVD

Evénements

Film dessiné

Métiers

Publication

Tournage

11/12/2007
 

La Couleur des mots de Philippe Blasband

Couleur et douleur des mots

 
Voir La Couleur des mots et rencontrer les réalisateurs avec ces images et ces émotions encore présentes dans l'esprit relevaient d'un défi pour un critique de cinéma censé garder son sang-froid et sa tête objectivement pensante, ne permettant au sentiment de faire son intrusion dans son écrit qu'à condition d'apporter la petite touche, l'effet de style qui métamorphose un article en beau papier !
 

Connaître la souffrance de Philippe Blasbandet d'Aylin Yay, et devoir les interviewer dans les mêmes conditions qu'une quelconque campagne de promotion de film, relativise le sens des débats sur le choix d'un plan séquence plutôt que d'un plan de coupe ou d'un gros plan...La Couleur des mots confirme le pouvoir irremplaçable du cinéma.

Pour son édition en DVD, Climax Films, le producteur, a mis les petits plats dans les grands; le film est accompagné du documentaire La Douleur des mots, signé par Christine Rabette, d'interviews et autre bonus, et surtout du récit autobiographique de Philippe Blasband intitulé le Petit garçon qui parlait dans les cocktails.

112 pages à cœur ouvert d'angoisses, de questionnements, de révoltes et d'incompréhensions. 112 pages dans lesquelles résonne, dans le souvenir de tout parent, une étrange sensation de déjà vécu. Un livre à lire, même si on ne se sent pas concerné par la dysphasie, pour le plaisir de s'immiscer dans l'univers cotonneux d'un écrivain reconnu pour une œuvre déjà longue.

Dimitra Bouras

 

La Douleur des mots : voyage en dysphasie

La réalisatrice, Christine Rabette est partie à la rencontre d'enfants dysphasiques, de leurs parents et de professionnels reconnus, afin de livrer un outil pédagogique de référence. Réalisé spécialement pour ce DVD, le film s'adresse en priorité aux personnes concernées : parents et proches, enseignants, logopèdes, éducateurs, et apporte des réponses aux questions les plus fréquentes : diagnostic, définition, prise en charge, troubles associés, évolution, vie quotidienne.

Principalement constituées d'entrevues, les images sont fixes. Pas facile d'injecter de la fantaisie créative au milieu de cet outil pédagogique, sauf de façon sporadique. Des explications écrites apparaissent à l'écran. On prend le temps de les lire, et on s'intéresse au sujet. On apprécie la simplicité des explications, la vulgarisation des spécialistes sur une maladie inconnue ou peu connue.

Le titre est évocateur, il témoigne d'une volonté de faire comprendre cette douleur; celle des enfants, mais aussi celle des parents. Les témoignages de parents, les explications de professionnels du corps médical et paramédical, les interviews d'enfants atteints mais aussi les micros-trottoirs qui stigmatisent l'ignorance de monsieur tout le monde, font que ce documentaire est bien plus qu'un simple outil pédagogique : il est un message de conscientisation et de positionnement.

La dysphasie ne se guérit pas, elle se contourne. Il faut vivre avec, et tenter de l'amoindrir au maximum. C'est une maladie difficile à diagnostiquer et l'enfant dysphasique est souvent considéré, à tort, comme un enfant capricieux, hyperactif ou autiste. Un enfant qui se révolte comme il peut contre cette injustice, qui crie, mord, pleure ou bien se renferme sur lui-même. Le caractère invisible de la maladie pose différents problèmes, car un dysphasique n'a pas de troubles sensoriels et n'est pas diminué mentalement. Pour ces raisons, l'enfant n'est pas reconnu comme handicapé par la législation. "Il y a pas mal d'enfants et d'adolescents dysphasiques qui ont beaucoup plus de mal à comprendre et à s'exprimer qu'un étudiant sourd. Et il n'a pas les mêmes droits. Cela est dû à l'ignorance ! […] Il y a tout un travail de conscientisation de la société et des pouvoirs publics à ce problème structurel permanent."

Après avoir pris conscience de la maladie grâce, entre autres, à ce genre de DVD remarquable, on peut imaginer toutes les difficultés que connaissent les dysphasiques. Ils sont en droit d'attendre du système scolaire et des gens, une attention particulière. N'est-il pas logique de revendiquer une réponse à leurs besoins au lieu de devoir expliquer, se justifier, rechercher des possibilités scolaires et se retrouver systématiquement dans une situation de quémandeurs !

Johan Libin

 

La Couleur des mots. Fiction – 60' – réal. Philippe Blasband – Belgique 2005 – éd. Climax Films
+
Le Petit garçon qui parlait dans les cocktails écrit par Philippe Blasband, 112p. Climax éditions.

Bonus :

La Douleur des mots. Documentaire – 69' – réal. Christine Rabette – Belgique 2007
- Interview de Philippe Blasband – 15'
- L’enseignement secondaire en Belgique
- La méthode Ledan
- Quelques faits

commentaires propulsé par Disqus