Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Le Chat du rabbin de Joan Sfar

La voix de François Damiens en brusseleir incarnant un Tintin dessiné par Joann Sfar est l'un des passage parmi les plus drôles (ou drollekes) d'un film qui se déploie comme un conte de Voltaire (d'Algérie en Ethiopie).

le Chat duRabin de Joann SfarCe film animé nous parle des aventures d'un chat malicieux doté de la parole après qu'il ait avalé un perroquet particulièrement bruyant. Le rabbin Sfar essaie alors d'éloigner le chat de sa fille Zlabya pour cause de mauvaise influence philosophique. En effet, depuis qu'il s'est mis à parler, le chat du rabbin ne manque pas de donner son avis sur tout, la religion, la science, les concepts, avec une belle impertinence.  Nous sommes à Alger dans les années 20. Curieux d'un monde qu'il ne cesse d'observer – « J'essaie juste de dire la vérité, pour voir comment ça fait » – le chat, après mille péripéties, se retrouve avec son maître et quelques joyeux acolytes dans une équipée à travers l'Afrique, avec le guide Citroën (le guide bleu ou le guide du routard de l'époque). Il découvre la colonisation sur la route qu'il parcourt, mais aussi l'intégrisme rigide ou hystérique des russes blancs orthodoxes particulièrement allumés, diverses armes à main. Un chat candide, mais plus malin que naïf.

Nos internautes, fans de bédés, connaissent bien les albums de Joann Sfar. Le film s'inspire de trois d'entre eux : La Bar-Mitsva, Jerusalem d'Afrique, Le Malka des lions. Les autres se réjouiront en découvrant la saga d’un chat insolent, follement amoureux de sa jeune maîtresse, fille du rabbin Sfar.

Après son film sur Gainsbourg, Sfar se lance donc, avec succès, dans l'animation, que ce soit  dans la variation des jeux chromatiques (couleurs pures plutôt que nuancées et ombres chinoises) ou dans la projection en poupées russes du film dans le film. En voyant Persepolis de Marjane Satrapi, Azur et Asmar de Michel Ocelot, ou encore Une vie de chat d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, on ne peut que souligner les réussites des recherches graphiques des longs métrages d'animation français actuels.

En salles, Le Chat du rabbin était sorti en 3D, l'une des rares réussites d'une technologie qui, lancée dans les années 50, ne cesse de patauger dans la semoule. Depuis que les studios étasuniens utilisent le numérique, ils cherchent à éviter le piratage. La 3D se redéploie. L'animation a l'air de fonctionner, le reste ne nous offre, en ce moment, pas mieux que la 2D et plutôt moins bien. Quelques séquences d'Avatar, donc. Attendons la suite. On chuchote que Cameron prépare une version de son Titanic. Espérons qu'on ne la projette pas qu'en format 2K en Europe endettée (les Etats-Unis projettent le numérique en 4K qu'ils disent dépassé).

 

Le Chat du rabbin par Joann Sfar et Antoine Delesvaux, édité par Cinéart, diffusé par Twin Pics.

 


 

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