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Matongé de Amadej Petan, Anatole Mandroyan, Elise Ooms, Holly Ash, Luka Cvetko et Nuno Cristino

Souriez, vous êtes à Matonge

En juillet dernier, Bruxelles a accueilli la dixième édition du YEFF! Le Young European Film Forum. Pendant 15 jours, une soixantaine de jeunes, venus des quatre coins de l'Europe, se sont rencontrés, ont discuté, échangé et réalisé des courts métrages portant sur la diversité culturelle de la ville hôte. Les jeunes, répartis par groupes, avaient pour mission de s'immiscer dans un quartier bien spécifique de la capitale. Un de ces quartiers était Matonge.

Petite Afrique du Nord, qui tient dans un mouchoir de poche, Matonge est le quartier africain de Bruxelles. Situé à Ixelles, proche de la Porte de Namur, ce quartier tire son nom d'un quartier de Kinshasa, Matonge, situé dans la commune de Kalamu. Au départ, centre névralgique des étudiants congolais à qui la Belgique avait octroyé des bourses à la fin des années 1950, et centre de formation pour les femmes des colons qui s'en allaient rejoindre leur conjoint au Congo, Matonge est aujourd'hui un lieu de convergence de plus de 45 nationalités noires-africaines.

Le film de Amadej, Anatole, Elise, Holly, Luka et Nuno plonge le spectateur au cœur de la Galerie de Matonge, là où foisonnent les cafés, snacks, magasins de pagnes, commerces essentiellement tenus par des Congolaises mais pas seulement: Madame Chapeau est là. Depuis plus de 50 ans. Une noire à la peau blanche.

Le matin, la rue est déserte. La grille de la galerie d'Ixelles roupille. Une dame s'approche, ouvre le rideau de fer. Elle prépare la scène, passe un coup de balai, la journée peut commencer. Madame Chapeau est celle qui raconte, témoin des allées et venues des Belges d'origine africaine, des Africains, des touristes, avides d'exotisme, débarquant en car pour faire quelques photos (pratique douteuse, s'il en est).

Modiste à l'origine, Madame Chapeau a commencé à faire des retouches par ci, par là et elle s'est reconvertie. C'est dans sa petite boutique qu'elle a rencontré son mari camerounais venu pour faire retoucher ses pantalons. Belle rencontre avec cette dame qui a vu évoluer cette galerie au fil des années. Avec son regard à la fois distant et objectif, Madame Chapeau révèle les secrets de Matonge avec néanmoins beaucoup de tendresse. Une belle incursion au milieu de ce monde parfois redouté, un beau défi pour ces jeunes qui sont parvenus à appréhender le multiculturalisme propre à cette galerie, véritable patrimoine de notre capitale.

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