Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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décembre 2009

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04/12/2009
 

ONE MAN SHORTS : Shorts films by Pascal Adant

"Quand on veut, on peut" pourrait être la devise de Pascal Adant. Autodidacte passionné, indépendant par conviction autant que par nécessité, artisan au sens le plus noble du terme, bricoleur de génie et amoureux du travail bien fait, le sonégien est un homme comme on les aime dans le petit monde du cinéma belge. Sans diplôme, sans moyens, avec juste sa passion, son imagination, son obstination et une énorme volonté d’apprendre, il s’est bâti, petit à petit, une filmographie des plus respectables que vient justement souligner un premier DVD compilatif qui mérite qu’on s’y arrête. 

Pascal Adant  vous dira qu’il a toujours voulu faire du cinéma, mais que, comme il n’a trouvé personne pour lui faire confiance, il s’est lancé tout seul, et il a continué. Aujourd’hui, il compte une quinzaine d’année de carrière de réalisateur et autant de films à son actif. Tous sont des projets artisanaux, presque alternatifs, réalisés avec un financement riquiqui. Si la plupart sont des dessins animés, il vous racontera que ce n’est nullement par vocation. Que s’il est devenu animateur, c’est parce que c’est un art que l’on peut pratiquer sans dépendre de personne, dans son garage, avec juste un ordinateur, une caméra stop motion, quelques crayons et des feuilles de papier. Ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir le Rail d’Or du court métrage à la semaine de la critique du Festival de Cannes, ainsi que de multiples prix dans des festivals belges et internationaux; d’avoir travaillé avec des comédiens comme Roger Van Hool, Jean-Paul Comart, Sandrine Blancke ou Circé Lethem, et d’être un des animateurs indépendants les plus cotés de notre pays. La qualité de son travail impressionne, son humour décapant fait mouche, et son sens du rythme entraîne les plus réticents. 

Au menu du DVD qu’il propose aujourd’hui à la vente, on retrouve 9 de ses courts métrages d’animation et deux courtes fictions. L’occasion de découvrir ou de retrouver le talent singulier d’un cinéaste qui sait trousser une histoire en quelques images, et dont le comique ravageur n’épargne aucun tabou. Avec Dérapages, son premier succès, il développe l’idée des cônes, ces petites balises de chantier rouges et blanches, qu’il envoie valdinguer jusqu’en Chine, dans l’espace, ou au fin fond des océans, et qu’il développera dans plusieurs films subséquents (Le vilain petit cône noir, le cône et le Bernard l’Hermite et Le cône en orbite). Car notre homme aime cultiver la référence, à d’autres cinéastes (Kubrick, Mélies,…) mais aussi à lui-même avec des thèmes récurrents qui reviennent de film en film.Vous pourrez retrouver dans Cinergie, les critiques de Slow Motion (Le Lièvre et la tortue revisité par une mouche et un escargot), Boum (la petite bombe qui ne peut pas faire « Boum ») et Le petit oiseau va sortir (mon préféré : un « Titi et Grominet » à l’humour trash). On signalera également Coup de cœur (les efforts désespéré d’un petit cœur amoureux pour séduire sa belle), et Le marginal (une originale animation de volume, antiraciste et à base de choux de Bruxelles). Avec ses fictions, le cinéaste se fait plus ambitieux. L’humour, toujours présent, est moins premier degré et laisse un peu de place pour un certain mystère nimbé de fantastique. Série noire, dont vous retrouverez également la critique dans notre webzine, se joue de façon intelligente et jouissive des règles du film de genre. Destination Londres, œuvre plus ancienne, est basée sur le même principe, mais avec une histoire moins aboutie. 

Le DVD 5, d’une durée de 75 minutes, est également réalisé et distribué de façon indépendante. Ici aussi, le travail est fait de manière minutieuse. Le transfert est impeccable, le format des films est respecté. Le son manque malheureusement un peu de relief, mais dans un Dolby digital de bonne facture. Ce petit bijou artisanal ne déparera aucune DVDthèque de cinéphile et constitue, au contraire, une très bonne idée à glisser sous le sapin... ou ailleurs.

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