Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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décembre 2007

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11/12/2007
 

Still Life de Jia Zhang-Ke

Still life de Jia Zhang-Ke Jia Zhang-Ke est l’un des réalisateurs les plus intéressants de la planète cinéma. Dans Still Life, Lion d’Or à Venise en 2006, JZK se sert de la destruction du village de Fengjie pour suivre le parcours de Han San Ming revenant au village après une longue absence afin de retrouver sa femme et sa fille. Au même moment, Sheng Hong part à la recherche de son mari volage qui l’a quittée auparavant dans cette région effondrée par la construction du Barrage des Trois Gorges. Superbe film sur la mémoire à partir du voyage d’un homme et d’une femme, mais aussi d’ouvriers qui abattent à la masse le village de Fengjie, filmé dans des ciels opaques qui nous rappellent la peinture du Nord. Ce diptyque cohérent de deux destinées qui nous montre la mutation d’un paysage et de villages détruits pour construire un barrage sur le fleuve Yangzi a été tourné en haute définition numérique. On ne vous avait pas encore parlé de Dong (68 minutes) qui est le second film sur le DVD double que vient d’éditer Cinéart et qui se passe aussi pour moitié dans les Trois Gorges. Liu Xian-Dong est un célèbre peintre chinois que JZK suit dans ses voyages aux Trois Gorges et en Thaïlande, à Bangkok. Là encore, il nous montre la destruction des hommes et de la nature qui s’impose désormais en Asie, que ce soit en Chine ou en Thaïlande.

Une belle idée que d’avoir scindé Dong en deux parties. Une dualité qui n’est pas sans évoquer les principes du Yin et du Yang, mais aussi celui du post communisme chinois et du néo capitalisme thaïlandais. Aux Trois Gorges, Dong dessine, photographie et peint des ouvriers au travail à Fengjie et des laissés pour compte d’un village destiné à être englouti; un groupe de jeunes filles à Bangkok (et surtout l’une d’entre elles dont les relations humaines ne semblent se passer qu’avec un GSM).On regarde avec fascination ce jeu entre ces jeunes filles en fleurs filmées et peintes de manière très sensuelle par Dong. On en est pantois tant, comme sans l’épisode des Trois Gorges, la maîtrise stylistique de la mise en scène de JZK est captivante, envoûtante.

L’intérêt de Dong pour les jeunes nous est expliqué par ce peintre au travail surprenant. « Nous avons tous été de jeunes adolescents. Quand on pense à la jeunesse, on est frappé par sa vigueur, sa vitalité. La jeunesse ne sait rien du chagrin qu’il voit de l’humanité ou est spécifique d’une société. Les jeunes ne pensent pas à ces choses, l’élan de la vie que leur corps dégage est bouleversant ».

Still Life et Dong de Jia Zhang-Ke, édition Cinéart, distribution Twin Pics

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