Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
05/06/2009
 

Tokyo ! de Michel Gondry, Léos Carax, Bong joon-Ho

Tokyo !

TokyoLéos Carax, dix ans après Pola X, réapparaît dans un film à trois bandes intitulé Tokyo !, sous le titre de Merde. Sa contribution est un plaidoyer pour une liberté des actes gratuits défendus par André Breton dans ses Manifestes pour le surréalisme. Le prénommé Merde (Denis Lavant) vit dans les égouts, tel Zeitsuss de la brigade Alligator dans V. de Thomas Pynchon. Sauf que Merde est un gnome humanoïde à l'œil vitreux, à la barbiche rousse pointue, aux ongles crochus, aux pieds nus et crasseux. De temps en temps, il émerge de son égout et se lance sur le trottoir de Tokyo dans une folle chevauchée – digne de celle de Mauvais sang, avec le même Denis Lavant, mais filmée de face – pour manger les fleurs et les billets de banque de passants apeurés. Retour dans son souterrain, on le découvre sous un drapeau japonais à côté de grenades qu'il se met à lancer dans la foule de la mégalopole asiatique. Arrêté par la police, ce partisan de borborygmes déjantés, de tapettes sur la joue est défendu par un grand avocat, Jean-François Palmer, hurluberlu des plaidoiries frenchies. D'ailleurs, celui-ci semble être son double, plus âgé (œil vitreux, barbiche et doigts crochus), communiquant avec Merde, dans un langage inconnu. Il se lance dans une plaidoirie qui stupéfie le tribunal de Tokyo.

Carax nous annonce une suite de Merde à New York (Waahooou… !), et dans le bonus, nous explique que le personnage de Merde a été imaginé, quelques semaines avant son tournage, à Paris, en se promenant sur le boulevard Sébastopol. Chaplin et Tintin viennent, ensuite, à la rescousse, mais surtout Godzilla, personnage mythique de la contre-culture japonaise. En une phrase, Carax nous signale s'être inspiré pour Merde de films et de créatures qui sont des enfants.
Shaking Tokyo de Bong Joon-Ho (réalisateur sud-coréen de films singuliers : Memories of murder et The Host) métaphorise le coup de foudre en tremblement de terre. Le réalisateur nous plonge dans un Tokyo de Hikikomori (les gens cloîtrés chez eux). L'un d'entre eux, prisonnier chez lui, stocke, range ses livres et ses boîtes journalières de Pizzas. Contre son gré, un jour, il lève les yeux sur une livreuse de pizzas et ressent une vibration passionnelle. Le charme du hasard et de la nécessité.

Interior Design de Michel Gondry s'amuse avec un jeune couple bohème qui squatte l'appartement minuscule de la copine qui les héberge. Le garçon, cinglé de cinéma, réalise des films de série Z nimbés du style Arty qu'il projette dans des salles porno, après les séances « pink », devant les cinéphiles avertis. La fille, à force de chercher sa place dans la vie et dans la ville, se transforme en chaise. Fantasque ou fantastique ?

Tokyo ! Michel Gondry, Léos Carax, Bong joon-Ho, édité par MK2, distribué par Twin Pics.

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