Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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décembre 2009

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01/12/2009
 

Un soir… par hasard d’Yvan Govar - Belfilm

La saga Yvan Govar
Chapitre I

Un soir par hazardL’association Belfilm et l’éditeur Come and See se sont associés pour ressusciter, grâce aux DVD, les films oubliés de l’histoire du cinéma belge. Au programme, du polar, du polar et encore du polar… made in Belgium, et signé Yvan Govar.
Depuis plus de vingt ans, l’historien Paul Geens joue les archéologues du cinéma à la recherche des bobines perdues. Cette étrange vocation, il la doit à Yvan Govar, réalisateur à la carrière fugace, mais qu’il considère comme l’«un des plus grands metteurs en scène belges ». C’est en 1987, un an avant sa mort, qu’Yvan Govar confie au jeune historien les copies et les droits de ses trois premiers films qui, visiblement, n’intéressent plus personne. Riche de cette première acquisition, Paul Geens commence alors à constituer un fonds de films méconnus, oubliés, perdus et crée son asbl, Belfilm pour éditer sa folle collection Made in Belgium.

Si la carrière de cinéaste d’Yvan Govar est éphémère (dix ans), elle est pour le moins précoce puisqu’il tourne son premier long métrage à l’âge de 19 ans, un film policier intitulé Le Toubib, médecin du gang qui offre son premier rôle au cinéma à la chanteuse Barbara. Il enchaîne, l’année suivante, avec une comédie dramatique (Le Circuit de Minuit) puis revient à ses amours, le polar, qu’il ne quittera plus jusqu’en 1965, date à laquelle il décide d’arrêter de tourner. Au total huit films, huit échecs commerciaux qui le feront renoncer au métier. Un soir… par hasard, tourné en 1963, est son sixième long métrage, adapté d’un roman de Robert Collard dont la carrière ne fut pas plus fulgurante que celle du réalisateur.

Le jeune scientifique André Segonne vient de faire la découverte du siècle et fait les gros titres des journaux. Alors qu’il décide de partir se reposer, il est victime d’un accident de moto et est récupéré, au milieu des bois, par un couple étrange qui le conduit dans une non moins étrange maison sur fond d’harmonium funeste digne de La famille Adams. Le taciturne Piotr et la belle Florence (Annette Stroyberg, la Marcella de Rossellini dans Anima nera) vivent une relation de dépendance que le jeune homme ne s’explique pas et qui le rend vite fou de jalousie. Mais il y a plus mystérieux encore que ce lien secret unissant cet improbable duo : la maison dans laquelle ils vivent cloîtrés renferme un pouvoir magique qui, visiblement les empêche de vieillir, les empêche de mourir.

Servi par d’excellents comédiens (on y retrouve aussi Pierre Brasseur), ce polar aux accents fantastiques dénoue lentement son intrigue pour aboutir à un final quelque peu tiré par les cheveux.
De Monkey business d’Howard Hawks en 1952 jusqu'à Youth Without Youth, le dernier film de Coppola, le mythe de l’éternelle jeunesse est un parfait sujet de fascination. Malheureusement, il fonctionne dans Un soir… par hasard comme simple prétexte à une banale escroquerie qui nous fait nous-mêmes nous sentir dupes et nous laisse déçus. Et si le DVD édité par Come and see propose une jaquette plus attrayante que celles généralement conçues par Belfilm, en revanche, le livret truffé d’informations historiques et passionnantes auquel nous avait habitué Paul Geens, a totalement disparu dans cette nouvelle édition.

Bonus
Le buteur fantastique de Richard Olivier

Il y a les mauves. Il y a les jaunes poussin. Ils sautillent sur un terrain, ça s’appelle du foot, et le foot, on le sait, c’est dangereux : on peut se prendre un coup de crampon dans la tête. C’est ce qui arrive justement au Numéro 9 qui, sous le choc, commence à avoir des hallucinations en noir et blanc. Alors que sa petite amie est bien sagement assise dans les tribunes, notre pauvre joueur la voit dans des pauses plus que suggestives avec les remplaçants et le directeur du club. Fou de rage, le footballeur commence alors à dégommer les joueurs à grands coups de tête et de pieds jusqu’à envoyer un boulet en acier qui déchiquette le ventre de la pauvre enfant.
Un film érotico-sportif gore et muet des plus réjouissants, et dans lequel le directeur du club est incarné par Yvan Govar.

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