Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2012
 

Les Mines

14 films sur le charbonnage belge

Inépuisable filon du patrimoine cinématographique mondial, la Cinematek, après s'être penché dans sa collection DVD sur les thèmes de l'agriculture, de la zoologie ou encore du rail, nous propose cette fois une compilation de courts métrages sur cet or noir dont l'exploitation intensive faisait encore, il y a peu, la prospérité et les veuves du pays.

jaquette dvd Les minesFictions, publicités, documentaires, films de propagande ou reportages télé, quatorze films de natures diverses, accompagnés d'un livret, sont ici présentés. Ils offrent un regard pluriel sur cette révolution industrielle, qui, érigeant ses châssis à molettes du Limbourg au pays noir, transforma profondément la physionomie de toute une partie du territoire et avec lui, la vie de millions de Belges. Le livret préfacé par Erik Martens et composé des textes de Bernadette Mérenne-Schoumaker sur l'impact du charbon comme combustible, d'Alain Forti sur l'exploitation minière, et de Bert Van Doorslaer sur l'extraction au Limbourg, contextualise l'ensemble : introduction instructive à une série de films dont la réalisation s'étale des premières années du cinéma avec Au pays des ténèbres de Victorin-Hippolyte Jasset, (fiction expressionniste de 1911 joliment mise en musique par Hughes Maréchal), à la fin de l'industrie du charbon avec De Pronfundis de Jean-Pierre Coppens, datant de 1992. Soit un an avant la fermeture de la dernière exploitation charbonnière de Belgique. Une large rétrospective de ce qui fut la vie avec ses espoirs et ses drames de ces hommes et femmes.

Film propagandiste, Devenez mineurs est une commande du ministère du travail où l'on découvre, avec surprise, que devenir mineur semble être une sacrée partie de plaisir ! Pas plus compliqué qu'un autre boulot, il est juste plus noble. Mieux, l'heureux ouvrier, grâce à son salaire mirobolant, pourra s'acheter dans quelques années une superbe baraque à la campagne où il pourra humer la rosée matinale de ses poumons remplis de poussière noire. Bien remplis même, à l'image de ceux des immigrés italiens interviewés dans Le combat pour la mine, une saloperie qui ne les empêche pourtant pas, à l'instar de leurs camarades plus fraîchement débarqués et présentés dans Les Turcs à 20000 de vouloir préserver le charbonnage à n'importe quel prix, voire de l'aimer. Ce prix qui fut celui de leur santé, voire de leur vie, comme celles des 262 victimes de la mine du bois de Cazier, tragédie présentée avec emphase dans le documentaire télévisé Tragédie à Marcinelle où, sous les commentaires patriotiques du présentateur télé, on assiste aux hommages du Premier ministre Van Acker et du roi Baudouin. Ce même roi, qui, encore prince quelques années plus tôt dans Actualités sur la mine, venait honorer de sa présence, et saluer d'un air morne, les petites gens qui peuplaient les sinistres corons de Beringen. Bâtisses construites à la va-vite, souvent sans même l’électricité ou l'eau courante que nous présente La vie après la mort. La mort dont Paul Meyer faisait déjà le constat en 1961 avec Le circuit de la mort au Borinage, sa caméra arpentant les paysages désolés de ces exploitations abandonnées du jour au lendemain, et guère plus habitées que d'herbes folles et de désillusions résignées.

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