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11/12/2007
 

The Devil’s nightmare de Jean Brismée au OFFSCREEN FILM FESTIVAL 2016

La Plus longue nuit du diable, Castle of death, Au Service du diable, Nightmare of terror, Succubus, La Terrificante notte del demonio, The Devil walks at midnight, La Nuit des pétrifiés, voilà un film qui au moins ne manque pas de titres ! C’est peut-être la raison pour laquelle, samedi soir, le DVD que j’insérais dans le lecteur émit, de rage, un gémissement lugubre sorti tout droit de l’enfer. Sous le titre, The Devil’s nightmare, Sodementedcinema édite le film d’horreur de Jean Brismée en DVD avec, sur la jaquette, un sur-titre pour le moins accrocheur : « The very best in the bad bad taste » : Pas gentil ça !

Un cauchemar démoniaque à la belge !
« You will die! Like the others before you, one by one, we will take you. » Evil dead de Sam Raimi.

the devil's nightmareIl est de bon ton, par les temps qui courent, de vouer un culte au mauvais goût. À Bruxelles, comme ailleurs, des manifestations rassemblent les amateurs du kitch et on se donne un mal de chien à écumer les fonds de tiroirs, les greniers,  et autres soupiraux du cinéma, afin de réunir tout ce que le 7ème art a pu engendrer comme "horreurs"..... Flagey organise, une fois par an, « La Nuit du mauvais goût », Le Musée du Cinéma propose, chaque mois, 2 films au prix d’1 classés « films B à Z », l’asbl Belfilm (qui possède d’ailleurs The Devil's dans son catalogue) offre une visibilité aux réalisateurs « navrants » tels qu’Armand Rocour ou Jean-Jacques Rousseau et le très sérieux Frédéric Sojcher consacre même un documentaire à ces Don Quichotte du cinéma dans Cinéastes à tout prix. Bref, des comédies tyroliennes aux péplums en jupettes, des nanars du kung-fu au retour des zombis, il y en a pour tous les (mauvais) goûts, partout !

devil's nightmarePas étonnant donc que Sodementedcinema s’approprie le concept du « bad bad taste ». La jaquette du film de Jean Brismée est sans équivoque, on s’attend au pire, donc au « meilleur » dans ce contexte du plus c’est mauvais, meilleur c’est. Et pourtant… Si le film n’est pas exempt de défaut, difficile de le mettre dans la catégorie des « nanars » car il regorge d’idées surprenantes et propose une construction audacieuse. En témoigne déjà le prologue en noir et blanc sépia, comme un court métrage à part entière, dans lequel le réalisateur n’hésite pas à montrer un infanticide, la main du père enfonçant un poignard sur le drap du nouveau-né : gros plan audacieux sur la tache qui inonde le tissu immaculé… UARGH ! 
Quelques années plus tard, on retrouve notre tueur d’enfant, le baron von Rhoneberg, cloîtré dans son château avec pour seuls compagnons un majordome défiguré et une femme de chambre aussi sympathique qu’un piège à rat. Evidemment, un groupe de touristes égarés demande asile avant la nuit dans cette lugubre demeure où les portes s’ouvrent et se ferment quand elles le décident, où les escaliers grincent, où le sang d’un chat mort transperce le plafond pour tomber directement sur la peau diaphane de la jolie blonde qui hurle un strident HAYI ! Des clichés, il y en a, inutile de vous le cacher, mais c’est bien là, après tout, l’attrait du genre qui rappellera aux nostalgiques l’ambiance si particulière des films mythiques produits par le non moins mythique Studio de la Hammer. Les effets très « spéciaux », quelque peu datés septante, ajoutent d’ailleurs encore au charme. S’ils prêtent souvent à sourire, les maquillages, en revanche, sont très réussis. Erika Blanc, l’égérie du cinéma populaire italien est belle à damner un prêtre (et justement…) et glace d’effroi lorsqu’elle se transforme en… succube. Quand la succube en question donne la réplique au diable incarné par l’excellent Daniel Emilfork, ça vaut le détour ! 


À noter
Les 7 personnages, qui composent le groupe de touristes, incarnent les 7 péchés capitaux et périront par là où ils ont péché (sublime scène de gloutonnerie et gros plans de doigts gras léchés, tas d’or qui se transforme en sable mouvant etc.) Que David Fincher vienne à la barre et avoue qu’il a vu The Devil’s Nightmare avant d’écrire Seven.
Sensualité, mystère, meurtres atroces, malédiction bref, notre réalisateur belge n'a pas à rougir de son « horreur ». devils nightmare

Le DVD est fier d’annoncer que la scène du bébé mort ainsi que la « scène érotique lesbienne » considérées perdues sont bien présentes ! Précipitez-vous !

Bonus
Rien de remarquable dans les bonus de cette édition qui fait simplement son autopromotion et montre les quelques secondes de la bande-annonce originale du film de Jean Brismée.

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