Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Janvier 2000
15/01/2000
 

Fred et Jaco se font une leçon de cinéma

Le dimanche 23 janvier, devant un public nombreux et attentif, Frédéric Fonteyne et Jaco Van Dormael ont participé à une leçon de cinéma organisée par l'ARPF, aux Halles Saint-Gery à l'occasion du 27e Festival du Film de Bruxelles.
Comme à chaque fois le dialogue avait un fil rouge : l'écriture, le découpage, les thèmes, le tournage, la direction d'acteurs, le montage.

Les réalisateurs d'Une liaison pornographique (Fonteyne) et du Huitième jour (Van Dormael) ont insisté sur l'importance de la direction d'acteur, primordiale à leurs yeux pour la réussite d'un film. Frédéric expliquant que son désir de cinéma consiste à filmer les acteurs, à voir cette alchimie qu'est l'incarnation d'un être en personnage qui vit sur l'écran et précisant que chaque film nécessite un certain type d'acteurs (professionnels ou non professionnels). Quant à Jaco, il estime que pour chaque acteur il faut trouver la combinaison du coffre qui lui permet d'entrer dans la peau du personnage. Citant cette phrase de Michel Bouquet : " la première qualité d'un acteur c'est l'obéissance ", il la commente en expliquant que c'est la seule façon pour un réalisateur de savoir s'il a vu juste ou s'il s'est trompé.
Au montage, étape qui n'est pas sans rappeler celle de l'écriture, les choses se mettent en place petit à petit comme un puzzle, explique Frédéric en ajoutant qu'en déplaçant une scène ailleurs on s'aperçoit parfois qu'elle fonctionne mieux là où elle était placée auparavant.
Jaco précise qu'au montage on n'est plus avec les acteurs mais avec les personnages. Ensuite il y a un concours entre Suzy Rossberg (voir Archives in Les Métiers du Cinéma) et lui-même pour choisir le plan le plus court qui est toujours le meilleur. Dans un second temps ils s'occupent des scènes à développer.
Pour la musique il collabore avec Pierre Van Dormael, son frère (dont on vous recommande chaudement les CD de jazz, en particulier : A lover's Question) en lui demandant d'exprimer l'âme des personnages. Chacun de ceux-ci ayant un thème musical spécifique, ce qui crée des ponts émotifs entre les séquences.
Evoquant les problèmes de distribution des films belges, Jaco rend hommage à Harry Cleven dont Pourquoi se marier le jour de la fin du monde ?, son long métrage présenté le 27 au Festival est, pour lui, fabuleux.
On ne vous en raconte pas plus car l'ARPF, à l'initiative de Psyché Piras, entend publier d'ici peu l'intégralité des Leçons du Cinéma, en commençant par un Spécial Auteurs belges.

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