Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/07/2005
Mots-clés : carnet de bord,
 

Porquerolles de Michel Mees (2)

Ce mois-ci, nous présentons la suite et fin (provisoire) du Carnet de bord de Michel Mees, sur le tournage de Porquerolles (titre provisoire), un film qu'il tourne au Mexique et en France. Tous les trois quatre jours, il nous a envoyé via Internet des nouvelles du tournage, de ses bonheurs, de ses difficultés ainsi que des photos originales qui permettent de mieux comprendre les arcanes du film. Une exploration à l’intérieur même du cinéma à partir d’un film qui se construit pas à pas. Le tout décliné sur le mode le plus attractif qui soit : le film-feuilleton.

Carnet de Bord
Porquerolles, le nouveau film que tourne en ce moment Michel Mees et son équipe au Mexique fait l’objet, tous les trois jours, d’un carnet de bord, le réalisateur envoyant à Isa, sa compagne, la chronique du tournage de son film. La forme du feuilleton est passionnante à lire pour les cinéphiles qui pourront découvrir les mille et un tracas qu’occasionnent la mise en boîte d’un plan. Cerise sur le gâteau, ces chroniques seront abondamment illustrées grâce aux haut débit d’Internet. 

Dernière semaine de tournage!

Après notre retour de Porquerolles, j'ai juste eu le temps de faire quelques repérages de canaux du coté de Feluy et de Seneffe puis autour d'Anvers et nous sommes repartis, Louis-philippe, Marc Engels et moi à la recherche de traces de la jeunesse de François Joseph Fournier.

Lundi 20/06/05

Il fait beau, très beau, nous sommes au bord de l'Escaut près de Tamise à attendre le passage d'une péniche!
Il y a beaucoup de cyclistes sur le chemin de hallage mais pas de bateaux en vue...
Nous faisons quelques plans et nous continuons vers Anvers où nous trouvons enfin quelques péniches qui passent un pont suspendu.
Retour à Bruxelles.

Mardi 21/06/05

En route pour les canaux wallons.R-V à la Tour Glacée, bistrot bien connu de tous les amateurs de ballades à vélo le long du canal qui part vers Thuin.
Nous sommes au pied du plan incliné de Ronquière et pas une péniche!
En route pour le canal Charleroi-Bruxelles. Quelques superbes plans du canal...vide.
Nous allons déjeuner à la célèbre "Cantine des Italiens" puis nous filmons les trois ascenseurs à bateaux de la région de Strépy qui sont plus récent que l'époque où Fournier et ses parents naviguaient, comme nous le fait remarquer gentiment un ingénieur du MET.C'est pas grave, c'est pour le symbole.

Mercredi 22/06/05

Bruxelles et son port. Enfin une vraie circulation de péniches à la hauteur de Tour et Taxi.
Nous avons toutes les images nécessaires: mouvements de bateaux, écluses en fonctionnement, chargement/déchargement de péniches.
Direction Clabecq, village natal de Fournier mais c'est la Foire et impossible de tourner donc nous partons vers Paris pour tourner aux Arts et métiers demain matin.
Apéro place de la Bastille et bon repas parisien...

Jeudi 23/06/05 

Tournage parfait aux Arts et Métiers dans une chaleur étouffante, déjeuner à une terrasse et tournage avenue Foch sous un ciel de plus en plus gris.
Je voudrais quelques façades de vielles maisons sur l'île St Louis et à peine sommes-nous installé pour un premier plan qu'un orage d'enfer s'abat sur la ville.
Nous cherchons refuge dans un bistrot en même temps que bon nombre de touristes poussant des voitures d'enfants, le tout formant un joyeux chaos.
Journée finie à 17h, plus moyen de filmer, l'orage dure deux heures, Paris est sous eaux, c'est la débandade.

Vendredi 24/06/05

Ciel bleu et limpide, circulation insupportable.
Nous filmons le long de la Seine des péniches et des façades et départ vers 11h 30 pour Château-Thierry, pour filmer le château de La Doultre et faire l'interview de Floria Prodromidès, la troisième fille de F.J.Fournier encore en vie et qui était réticente à cet exercice.
Grâce aux membres de la famille elle a fini par accepter et heureusement pour le film car c'est une nouvelle façon de nous raconter les parents, les lieux, l'enfance.
Le château de La Doultre était une des propriété de F.J.Fournier et a été pendant longtemps la résidence de Vivianne le Maillé qui s'est fort investie dans l'administration de cette région.
Retour à Bruxelles, fin du tournage et de presque deux mois d'aventures. Je vais dérusher pendant juillet et puis vacances.
Début du montage en septembre mais c'est une autre histoire...à Suivre! 

Chère Isa,
Aprés notre départ dimanche matin vers la France, j'ai eu largement le temps de penser à nos discussions de ces quelques jours de parenthèses entre le Mexique et Porquerolles.Le fait de me retrouver seul pendant longtemps, concentré sur le tournage me permet d' avoir des moments de réflexions pendant les longues nuits d'été et je pense que c'est bénéfique.
Louis-Philippe et moi avons mis dix heures pour rejoindre Hyère-plage et loger là en attendant de prendre le bac pour l'île lundi matin.

Lundi 6/6/05

Debout à la fine pointe de l'aube pour rejoindre la Tour Fondue, et l'équipe de France 3 qui se joint à nous pour ce tournage de neuf jours. Il y a Didier, caméraman, José, ingénieur du son et Gaby, électro.
Nous faisons connaissance et je propose de faire un repérage de l'île pour tout le monde,  pour avoir une base de discussion commune pour le reste du tournage.
Pendant que nous déchargeons le matériel chez Lélia le Ber,qui est une de nos trois témoins et qui habite une maison qui se révèle une position stratégique pour nous faciliter la vie durant le tournage, nous apprenons que nous pouvons faire le tour de l'île pour la filmer depuis la mer.
Exit le repérage, on charge le matériel sur le petit bateau et nous partons à l'assaut de la mer qui se fait tout d'un coup plus forte.
Et oui dit notre capitaine, le vent s'est levé et les vagues sont importantes.
Nous filmons quelques plans et il faut renoncer, les creux sont énormes, aucun de nous ne tient plus debout.Louis-Philippe est accroché au pied de sa caméra, je suis allongé sur le fond du bateau et les autres s'accrochent comme ils peuvent à l'arrière.
Retour à terre et démarrage du repérage; l'île est magnifique, à chaque virage nous avons des idées de séquences. Vivement demain.

Mardi 7/6/05

9h30, Marie-Pierre la maquilleuse nous rejoins pour le gros interview de Lélia que nous filmons sur sa terrasse.Il fait beau, Lélia est en forme et elle évoque longuement sa vie de petite fille avec son papa et la vie quotidienne sur l'île dans les années 20 et 30.
L'après-midi nous "faisons" des ambiances, des images de la vie à porquerolles en juin 2005.

Mercredi 8/6/05

A 10h, interview de Titin, un des plus vieux habitants de l'île, qui a connu Fournier, et qui travaillait à l'usine électrique entre autre.
Ensuite je fais une séquence avec Lélia en voiture dans l'île où elle me raconte ses activitées contemporaines.Et sur notre lancée nous interviewons Maxime, le petit fils de F.J.F. dans les vignes.Belles séquences, bonne journée!

Jeudi 9/6/05

Nous avons loués un bateau-taxi, stable, et nous partons à l'aube pour filmer Porquerolles sous toutes ses coutures avec une belle lumière d'aurore.
Au départ je voulais le faire en hélico mais le plaisir d'être sur le bateau et de voir l'île de la mer m'a convaincu, en plus des arguments de la production , de filmer mon plan de fin depuis l'eau et non du ciel.
Je n'ai pas de regrets.Nous sommes restés en mer pendant presque trois heures et quand nous sommes revenus à terre nous étions remplis d'images et de sensations fortes.
L'après-midi nous avons continués les images "d'ambiances". L'île vue du point le plus élevé, les joueurs de boules.....

Vendredi 10/6/05

Nous tournons une très belle séquence au cimetière de Porquerolles avec Maxime qui nous raconte les tombes de sa famille et celle des habitants de l'île. La lumière est belle, le lieu est un vrai cimetière de cinéma, Louis-Philippe et Didier sont inspirés, les criquets sont de la partie, un moment de bonheur!
Nous tournons ensuite des plans complémentaires avec Titin pour l'installer dans son milieu puis l'équipe de France 3 nous quitte pour avoir le dernier bateau pour le continent et Louis-Philippe et moi continuons encore un peu en refaisant des plans larges de l'île car la lumière de fin de journée est très belle.

Samedi 11 et Dimanche 12/6/05

Relaxe.
Régate de vieux voiliers entre Porquerolles et le continent. Il y a de splendides bateaux.
Ce qui ne nous empêche pas de photographier en numérique toutes les archives photos de Lélia, qui nous invite à un pique-nique sur sa terrasse d'où nous suivons la régate à la jumelle.
Après-midi, nous rejoignons la plage et je peu enfin nager avec mon masque, mon tuba et mes palmes pour la première fois de cette année dans la Méditérannée!
Dimanche, je suis allé sur le continent pour déjeuner avec papa qui est en vacances à 70km de Porquerolles. A mon retour, vers 16h, nous filmons Maxime dans plusieurs situations différentes qui vont me servir de fil rouge pour raconter mon histoire.

Lundi 13/6/05

Nous commençons par une séquence avec Lélia qui commente les photos de famille et à qui je pose encore quelques questions puis nous préparons et nous enregistrons le témoignage de Viviane de Maillé, la soeur de Lélia qui nous parle de son papa et de cette époque dont elle n'a pas les mêmes souvenirs.
Nous terminons par quelques plans qui nous manquent, remise en ordre du matériel et pot pour fêter la fin du tournage insulaire avec nos amis de France  3.

Mardi 14/6/05

Bateau à 8h30, et retour après quelques plans au château de Saint Pré, à 60km de la côte, vers Bruxelles.
Conclusion de la semaine: Je vais terminer la préparation de notre dernière semaine de tournage, la Belgique et Paris.
Suite au prochain mail, dans quelques jours.
Je t'embrasse et j'arrive
Michel

Samedi 28 mai 2005, 13h

Nous sommes de retour !
Hola Zaventem!
Cette seconde semaine de tournage a été mouvementée.
Nous sommes revenu du Sud, stop quelques heures à Mexico, et départ pour El Oro, à 250 km au nord-ouest de Mexico, où se trouve la mine d'or et d'argent qui a fait la fortune de F.J.Fournier. Cette mine qui a fonctionnée jusqu'à la fin des années 30 est devenue un musée grâce à la persévérance de Gustavo Bernal.
Ce mexicain a réaménagé la mine et son site et a préservé tous les outils encore disponibles pour faire comprendre aux visiteurs les conditions de travail de l'époque.
Dans l'atelier de fabrication des pièces de rechanges il y a plusieurs machines électriques qui fonctionnent encore!
En arrivant à El Oro nous nous arrêtons dans un hôtel nouvellement ouvert qui existait à l'époque de Fournier et dans lequel ils réunissaient leurs invités ou leurs conseils d'administrations!
Chouette hôtel, plein de charme et pas trop cher. En définitive nous décidons de loger là trois nuits même si les plans changent un peu!
C'est sympa et pratique.On loue une chambre en plus au rez-de -chaussée où l'on range tout le matériel, c'est génial.....
Retour en arrière:

20/05/05

On commence à circuler dans El Oro pour faire des plans de la ville, les étudiants sur la place, l'animation des rues, le théâtre Juarez qui fut construit à l'époque de Fournier et où les divas du monde entier se produisirent au début des années 1900.
Nous nous déplaçons à pieds avec le matos et la camionnette nous rejoins de rue en rue. Nous remontons ainsi toute la ville, construite sur le flan d'une colline.
Ensuite nous filmons le barrage Brockman qui fournissait la mine en eau (à plus de trois kms de là). Nous terminons notre périple à Tlapujahua, l'autre ville de Fournier. C'est une ville toute en couleur et dominée par une sorte d'immense basilique totalement baroque.

21/05/05

Tournage sur le site de la mine, interview de G.Bernal et de Mr Perdromo, ancien mineur.
Ensuite, vers 16h nous entrons dans la mine avec tout le matos pour une visite commentée par Bernal et le signor Cruz.
J'avais évalué le tournage de cette séquence à 2h, 2h30, ça nous a pris plus de 4hs!
Mais c'est magnifique et les images sont superbes d'autant plus que nous tournons en HD avec le nouveau matériel de Louis-Philippe.


22/05/05

Nous passons la matinée dans une autre mine, en activitée celle-là, mais"brut de coffrage".
Pas d'électricité, des boyaux uù l'on circule penché en avant, en s'éclairant avec une lampe à acétylène.
Pas facile avec les sacs, la cam, le pied, les optiques et la torche louée à Mexico. 700m sous la montagne pour faire deux mineurs qui cherchent de l'or avec des piolets, comme dans Lucky Luke.
A-M interview de l'électricien de la mine "Dos Estrellas"(celle de Fournier) et on termine avec des plans du Rio que Fournier a remonté pour trouver (créer) sa mine.

23/05/05

Fin du tournage à la mine et l'A-M retour à Mexico

24/05/05

Tournage dans le centre historique de Mexico où on se fait régulièrement contrôlé par la police, ce qui n'est pas très amusant mais nous avons l'autorisation de filmer la grand place de Mexico depuis un bureau du Palais du gouverneur de la ville, ce qui nous offre un point de vue original sur cette place immense. 

25/05/05

Je visionne la collecte d'archives mexicaine faite par Patrice et nous commandons ce que j'ai sélectionné puis interview d'un historien, Javier Siller, qui resitue Fournier dans son époque et dans le Mexique.

26/05/05

Cadeaux et visite touristique et bagages

27/05/05

Départ du Mexique avec nos 210 kgs de matos pour un retour interminable avec escale à Madrid et zappage d'une nuit à cause des fuseaux horaires.
Prochaine étape : Porquerolles.
A dans quelques jours!

Jeudi 26/05/05

Isa,
Voici quelques nouvelles brèves du Mexique.
Nous avons rejoins la région de la mine vendredi et nous avons retrouvés Mexico depuis lundi soir.
Le problème d 'être loin , c'est que internet est difficile d'accès et que les journées de tournages sont longues.
Donc voici quelques photos et comme nous rentrons à Bruxelles ce W-E, je ferai un compte-rendu détaillé de ces quelques jours
Suite du récit du périple dans quelques heures....
Michel
L'image et le son du désert
La Mine
Entrevue de Bernal

18/05/05

Nous continuons notre périple dans la campagne du Tabasco pour filmer les exploitations de bois, les forages pétroliers, faire des travellings voiture sur la nature ponctuée de magnifiques flamboyants.
En fin de journée départ vers Mexico et nous trouvons à la dernière extrémité une Posada où loger dans la ville de Cordoba.
Voilà nos aventures de ces trois derniers jours.
Nous sommes à Mexico pour quelques heures et nous partons vers la mine jusqu’à lundi au moins.
Je vous embrasse tous les trois.
Michel

Les ruines de la raffinerie

17/05/05

Nous avons sillonné la campagne du Tabasco en filmant les lieux toujours vivants mais qui existaient déjà à l’époque de F.J.Fournier.
Nous avons chaque fois une séquence qui se tient avec une petite histoire : la vie autour de la gare du village de Francisco Rueda, des cow-boys mexicains qui peinent à sortir un troupeau de vaches d’une forêt, un petit cimetière perdu le long du chemin de fer, et enfin la lagune de Rosario où nous ne trouvons plus notre guide de la semaine passée mais un « papy » qui a connu les gens de la distillerie et de l’usine de raffinage de canne à sucre.
Il accepte, après de longues palabres et explications sur notre sujet, de nous emmener en barque vers les ruines et de se faire interviewer.
Il est très volubile et pas du tout inhibé par l’équipe autour de lui.
Nous naviguons sur la lagune, nous filmons les ruines avec notre guide, on l’interview deux fois et il nous ramène dans la fin d’après-midi à notre point de départ.
Nous comptions loger au bord de la lagune mais les bungalows repérés ne sont pas assez isolés de la chaleur ( il fait autour de 40° et je perd du poids !) donc nous repartons vers Los Choapas .


Lundi 16/05/05

Chère Isa,
Premier jour de tournage, préparation du matériel, rencontre avec notre ingénieur du son franco-mexicain, règler les problèmes de liaison DAT/ caméra, gérer la camionnette pour avoir une organisation pratique et rationnelle du matériel, comme d’hab, quoi !
Louis-Philippe est arrivé dimanche soir avec deux heures et demie de retard mais les dix caisses de matos étaient au rendez-vous.
Nous avons quitté Mexico à la fine pointe de l’aube blême vers le sud pour rejoindre au bout de 800 km le Tabasco. Nous avons été plus rapides que prévu et nous sommes allés tourner une séquence au bord du golfe du Mexique, à l’embouchure du Rio Panela . Super plans du golfe et des cormorans en contre-jour dans le coucher du soleil.
Nous logeons à Los Choapas, petite ville où nous avons mangé un bon repas de poissons et de crustacés. 

 Dimanche, le 15 mai

Isa,
Voilà presque une semaine que nous n'avons pas pu donner de nouvelles. Et nous avons une bonne excuse, nous sommes partis dans les provinces de Tabasco et du Chiapas. Et là bas c'est un peu la Jungle et c'est un climat tropical et il n'y a pas de connexion internet. Nous avons essayé de squatter LA ligne de notre petit hôtel mais la patronne à refusé catégoriquement.
Notre documentaire, je te le rappelle,  raconte le cheminement de François Joseph Fournier à travers le Canada, le Panama, les Etats-Unis,le Mexique, la Belgique et la France. Les trois lieux important au Mexique sont la Colonizadora,située au Chiapas et Tabasco, immense propriété fournissant des fruits, des légumes, de la canne à sucre et du bois pour les billes de chemin de fer. Le second lieu est Mexico City et le troisième est le nord de Mexico où se trouve le nerf de la guerre: les deux mines d'or et d'argent.
Après huit heures de route mardi nous sommes arrivé à Huimanguilo,dans le Tabasco, petite ville de cowboys mexicain, après 150 km de pistes à la recherche de restes d'installations des bâtiments de Fournier. Rien. De magnifiques paysages, des Flamboyants sublimes dans le coucher du soleil, des villages de cabanes en bois et en torchis peintes de couleurs vives, très "Juke-Boxes". Je prend des photos, je note les repères pour retrouver les lieux avec l'équipe qui nous rejoins ce dimanche en fin de journée et puis une indication sur un panneau rouillé : Laguna Rosario.Ce nom est cité plusieurs fois dans les archives que nous possédons et nous décidons d'y aller mercredi.
Mercredi nous arrivons à la Lagune qui est un endroit superbe où les gens des alentours font des BBQ le WE.
Nous interrogeons les quelques âmes que nous croisons, qui ne savent rien mais qui nous expédient à quelques kilomètres de pistes vers un autre hameau. Nous trouvons une cabane et des personnes qui ne savent rien. Tout cela en espagnol  que nous ne parlons pas sauf Patrice Gouy, français qui vit au Mexique depuis 25 ans et qui à organisé notre tournage ici. Arrive une voiture de Police. Le chauffeur descend, nous demande ce que nous voulons et après trois-quarts d'heure de palabres, il nous emmène en barque à travers le lac et nous découvrons sur la berge opposée les ruines de la raffinerie de cannes à sucre. Génial, j'ai ma séquence!
Nous logeons à Villahermosa, grande ville à l'américaine, et jeudi nous partons vers Palenque, dans la jungle, site archéologique magnifique à l’extrémité opposée des terres de Fournier. Je fais quelques images en DV, au son des cris de singes et d'oiseaux exotiques, car nous n'aurons pas le temps de revenir aussi loin pendant le tournage.
Départ vers Mexico, 1200 km en un jour et demi et un arrêt à Puebla, pour notre enrichissement culturel et personnel.
Samedi, relâche et visite du musée d'Anthropologie de Mexico.
Aujourd'hui je vais faire quelques plans larges en DV de Mexico vu d'une tour ouverte uniquement le dimanche et à 17h nous allons chercher Louis-Philippe qui arrive avec tout le matos pour démarrer le tournage demain.
A plus tard, je t'embrasse
Michel.

9 mai 2005, Mexico city, 18h
 Chère Isa,
Nous terminons notre seconde journée de repérage à Mexico.
Il fait chaud et soleil, la ville est immense, c'est assez dépaysant.
J'ai repéré, avec Patrice, notre contact ici, tous les lieux qui parlent de F.J.Fournier 
Nous avons fait environ dix kilomètres à pied dans le centre de la ville pour retrouver les lieux existant au début du siècle et appartenant aux financiers que Fournier a sollicité pour obtenir des fonds et lancer les travaux dans sa mine et les lieux intéressant pour expliquer Mexico. 
Hier, nous avons visité la mine de FJF à El Oro, à deux cent kilomètres de Mexico.
C' est formidable car le lieu est très préservé. Tous les bâtiments sont en place, une partie des outils et des machines sont toujours prêts à redémarer.
Je pense que nous devrons rester au moins trois jours pour avoir la matière utile pour le montage.
Demain nous partons vers le Chiapas pour retrouver "La Colonizadora", immense territoire acheté par Fournier pour produire entre autre des fruits.
Il se peut que je ne puisse plus écrire avant quelques jours car le Chiapas et le Tabasco sont plus "sauvage". Nous mangeons totalement mexicain: bon et épicé mais je n'ai, hélas, pas encore bu de Téquila !
Je t'embrasse
Michel

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