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Au large de Mathilde Pepinster

Publié le 10/03/2020 par Bertrand Gevart / Catégorie: Critique

Après son film Miam Miam, Mathilde Pepinster présente au festival Anima son dernier court-métrage réalisé avec les Ateliers de La Cambre.

Au large nous raconte l’histoire d’un grand bonhomme qui se rêve esquimau sur une banquise, ou qui n’est peut-être finalement qu’une personne de plus.

Le film s’ouvre sur l’homme en train de pagayer. Il se heurte au bloc de glace qui n’a pas encore fondu. Il grimpe et commence à pêcher. Nous sommes entraînés dans une autre dimension, celle de la modernité. Le montage alterné et les travellings horizontaux nous font basculer d’une réalité à une autre, d’une réalité vécue ou fantasmée à une autre. S’agit-il de réminiscences ? Est-il devenu fou ?

Soudain, il semble attraper un poisson, un poisson qui lui échappe sur la banquise et se retrouve dans un supermarché. Le grand bonhomme plonge dans l’eau, se retrouve sur l’étalage du grand magasin, tente à maintes reprises d’attraper le poisson qui, toujours, semble lui échapper, comme son rêve, comme son passé. Tout le monde le regarde faire offusqué, avec peur. Il est étranger à ce monde.

Le dernier tableau est encore plus allégorique, lorsque, suivant le poisson jusque dans les toilettes, il s’agrippe à ce dernier qui devient immense et vogue dans les airs. D’un coup de queue, le grand bonhomme est ramené à la réalité morose, expulsé du magasin, il ne sait pas ce qui lui arrive.

La réalisatrice d’Au large propose un film poétique qui offre au spectateur plusieurs grilles de lecture, allégoriques et critiques du monde des rêves et du récit de soi mais également de la modernité, les zones plus reculées n’ayant pas le choix de migrer vers les villes et de ne pas s’accoutumer à la frénésie du capital.

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