Cinergie.be

Kamikaze de Guillaume Vandenberg et Neel Cockx

Publié le 07/08/2020 par Marine Bernard / Catégorie: Critique

Kamikaze est un terme japonais qui fait référence au pilote, membre d’une unité militaire de l’Empire du Japon, qui effectuait des missions-suicides pendant la guerre du Pacifique entre 1944 et 1945. Son objectif était d’écraser son avion sur les navires de la marine américaine et de ses alliés.

Considéré comme l’un des artistes belges les plus radicaux de la mouvance néo-expressionniste, Philippe Vandenberg utilisait ce mot dans ses œuvres, mais surtout pour définir sa méthode de travail. Selon lui, la création n’était possible que si elle émanait d’une destruction. En effet, de cet acte, qui tient plus de « l'autodestruction », amenait quelque chose de nouveau, une œuvre renaissant des cendres de la précédente. C’est la raison pour laquelle il a détruit une large partie de ses œuvres. Inspiré par les événements, la littérature et l’histoire de l’art, les mythes et les légendes, ce principe lui permettait de se libérer de ses démons, de renouveler ses pensées et d’atteindre un bref instant d’exaltation.

Guillaume Vandenberge et Neel Cockx ont réalisé Kamikaze dans le cadre de la rétrospective éponyme de son œuvre (1952-2009) qui s’est tenue à la Kunsthalle de Hambourg l’hiver 2018-2019. Un aperçu intéressant de son travail multiple, figuratif et abstrait, dont la majorité n’avait jamais été montré auparavant. Dix ans après sa mort, les deux réalisateurs ont choisi de nous ouvrir les portes de son atelier, un labyrinthe rempli de centaines de tableaux, de dessins, de textes et de livres. Compilant la lecture de ses écrits et l’insertion de paroles d’interviews, ils font revivre les principes fondamentaux qui ont animé l’artiste tout au long de sa carrière. Ce court-métrage est filmé en un plan séquence qui survole ses œuvres, ses attributs, ses sources d’inspiration et ses souvenirs. En filigrane de l’image, nous découvrons une trame picturale, ses œuvres filmées en plan serré, qui ne cesse de changer tout au long du film. D’un côté, ce court voyage intime nous permet de mesurer l’intensité à la fois perturbante et fascinante d’un travail d’envergure; de l’autre, il nous invite à une profonde introspection sur les contradictions qui tiraillent chaque être humain tout au long de son existence.

Tout à propos de: