Couverture de l'article 48e Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand du 30 janvier au 7 février 2026

48e Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand du 30 janvier au 7 février 2026

48e Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand du 30 janvier au 7 février 2026

38e Compétition internationale et 25e Compétition LABO !

Avec 168.000 entrées, le Festival de Clermont-Ferrand dans ses différentes composantes confirme que la pandémie est un lointain souvenir, que son avenir ne souffrira pas du manque de public, mais que son existence restera une question de gros sous.


L'ambiance de ce plus gros festival de courts-métrages au monde ne serait pas ce qu'elle est sans un public en grande partie très au fait de la programmation depuis des années : les abonnés. Leurs carnets de 15 tickets est le sésame pour voter et donner LEURS Prix : À Short of Art de la Néerlandaise Ilke Paddenburg pose la question des limites dans l'expression de l'Art et de celles des visiteurs lorsqu'ils sont interpellés par ce même Art; Veuillez patienter de Solal Bouloudnine est une fiction française qui met en garde contre la moindre erreur administrative et ses conséquences (également Prix CANAL+); Soixante-sept Millisecondes de fleuryfontaine concourrait dans la Sélection LABO. C'est un essai de 15' sur la violence policière en France réalisé à partir d'une séquence filmée par une caméra de sécurité et très diffusée sur les réseaux sociaux où un jeune homme est victime du tir d'un policier.

Ces abonnés sont également ceux qui connaissent les besoins du Festival en espaces, en bénévoles et en argent. Parmi les partenaires historiques, CANAL+ est incontournable pour le court-métrage, mais son image souffre de la prise de pouvoir de Bolloré ce qui insupporte une frange du public. Pourtant force est de constater qu'il n'y a aujourd'hui aucune incidence négative majeure et que, tout en restant prudent, il faut considérer qu'il n'y a également aucune alternative. Faut-il dès lors huer à chaque projection du clip de la chaîne ?

Les applaudissements, quant à eux, amènent une énergie tangible positive en adéquation avec la qualité des films projetés. Aussi, quelques productions et coproductions belges tirent leur épingle du jeu.

Une coproduction minoritaire belge avec la France rafle le Prix du Rire Fernand Raynaud, le Prix Spécial du Jury et permet à KIDAM d'obtenir le Prix PROCIREP du producteur de court-métrage. L'asbl Dérives de Liège qui s'est jointe à l'équipe française, car très vite convaincue par Du pain et des jeux y est aller de ses fonds propres et de son matériel de tournage pour permettre aux réalisatrices, Judith Longuet-Marx et Léa Tarral, d'organiser les prises de vue d'images documentaires volées lors des J.O. De Paris. En y ajoutant une partie fictionnelle, elles composent une trame qui installe un jeune désœuvré solitaire dans le cadre des Jeux et feront naître une certaine empathie pour ce personnage atypique. Le montage et toute la postproduction furent pris en charge en Belgique.

Le Prix du Meilleur Documentaire du LABO va à Rio continue d'être belle de Felipe Casanova. Cette coproduction belge avec le Brésil et la Suisse est portée par une jeune structure, Un Point Bleu Pâle, basée à Bruxelles. Avec son ambiance festive, sensuelle, lancinante, voire agressive, au travers de ses expressions les plus véhémentes, le Carnaval de Rio est le symbole d'une résistance politique qui sert de décor de fond à une mère qui écrit à son fils.

Dans la Compétition internationale, Buda de Raphaël Kaddour, élu Meilleur Film Européen, gagne son ticket pour la 39e édition des European Film Awards. À cela s'ajoute une Mention spéciale du Jury étudiant. Le film révèle le fonctionnement d'une déchetterie à Bruxelles, lieu de toutes les rencontres, de tous les agacements, de toutes les incivilités qui sert malgré tout à apporter un mieux-être environnemental. Au centre de cet univers, des ouvriers font face à des usagers tous azimuts et sont les premiers défenseurs de facto de la réglementation. Enfin, dans la même sélection, le Prix de la Meilleure Animation récompense Breaking Walls de Jan-Dirk Bouw, à nouveau une production à trois têtes : Pays-Bas, Belgique et Norvège. Ce documentaire animé suit un jeune activiste queer qui cache son identité sexuelle à ses proches tout en dénonçant la censure et l'ultra-surveillance. Universel et malheureusement tellement d'actualité.


L'ensemble du palmarès est à découvrir sur Palmarès - Festival international du court-métrage