Comment ne pas être séduit·e par ces images de fleurs et de figuier près desquels les deux sœurs se réfugient et trouvent leur havre de paix ? Elles parlent des oiseaux qui attendent près de l’océan et on comprend qu’elles s’apparentent à ces animaux. Elles se languissent, se demandent si elles retrouveront un jour leur être cher dont l’identité reste mystérieuse. Cette anonymité ajoute un sentiment d’empathie partagé avec les spectateurices. Mais elles ne se laissent pas abattre… Elles récoltent des légumes, pêchent des poissons et cuisinent un tajine pour leur mère débordée. Les gros plans sur leurs mains effectuant ces différents travaux manuels créent une dimension incarnée à ces tâches accomplies avec assiduité.
Derrière leur force de caractère résident une peur de l’abandon et une grande sensibilité. Elles se promettent qu’elles ne se délaisseront jamais. À travers ces images d’une nature sauvage aux couleurs chaleureuses et la représentation de cet amour solide, Sanae Khamlichi nous fait rêver par ce mélange tendre de résilience et de ténacité. Ému·e et attendri·e, nul·le ne peut rester indifférent·e à la vision de ce court-métrage.