Feuilles sens dessus dessous, téléphones suroccupés, bureaux surchargés, bouches, bras, corps exacerbés. Stoïque, l'agent de sécurité regarde, dans le vide, le défilement qui se poursuit. La logique voudrait que tout ce petit monde se prenne un mur après un laps de temps plus ou moins long selon les personnalités. Ce mur, c'est le burn-out, le trop-plein devenu insupportable, le gros STOP face au capitalisme insalubre pour le corps et l'esprit. Mens sana in corpore sano ! Alors, lorsque cette journée-là se termine, que l'agent de sécurité se déstatufie, une paire d'employés visiblement motivés se déploie avec la complicité de ce dernier pour régler son compte à ce lieu de perdition. Le gros sac sur le bureau contient tout ce qu'il faut pour dézinguer une fois pour toutes les appréhensions du lendemain au travail. Évidemment, nous savons tous et toutes, la grande majorité pour l'avoir vécu, ou simplement pour avoir observé dans un Bruxelles qui se vide, des lumières aux étages d'immeubles bouffeurs d'énergie humaine, qu'il y a les retardataires, les distraits culpabilisés d'avoir laissé une tâche inachevée, et une nouvelle équipe qui prend le relais pour nettoyer les conséquences d'une journée de trop de labeurs : des sueurs collées au sol et aux murs, des notes et des collations oubliées... Ah ! J'oubliais Rose...
Adieu Bureau de Mehdi Pierret
Illustration : Gwendoline Clossais
Toutes au ralenti, les personnes passent la porte d'entrée vitrée du paysager, elles se meuvent dans une chorégraphie effrénée inspirée par leur lieu de travail. Celui-ci grouille d'activités diverses et d'un stress omniprésent ressenti jusqu'en son cœur.