Dans un vestiaire masculin, de jeunes hommes fêtent leur victoire et leur sacre de champions. Ils incarnent le prototype du mâle « straight » , cisgenre et hétéronormé. Bières affonnées, hurlements animaux, danses primales. Le film, plutôt classique dans sa forme, se concentre sur Victor, jeune étudiant bruxellois, qui essaie de faire évoluer la relation avec sa petite amie. Son attitude d'homme « alpha » se traduit dans son attitude envers sa copine lorsqu'il interpelle le chauffeur Uber qui doit la ramener chez elle après la soirée d'après match bien arrosée : paternalisme et protection à outrance qui ne laisse pas la place à la force ni à l'indépendance des femmes.
Passablement éméché, il rentre avec Alex, son ami et capitaine de l'équipe, et dort chez lui. Après cette nuit, un malaise s’installe en lui. Regard hébété, silence profond, Victor s'enlise dans une forme de dépression qui va en grandissant et met à mal les relations avec ses ami.e.s. Que s'est-il donc passé cette nuit-là qui met Victor dans cet état ? Lors du dénouement, le réalisateur ne donne pas de réponse définitive et nous pousse à la réflexion. Victor a-t-il eu des relations sexuelles avec Alex et révéler ainsi ses désirs inavoués ? Ou a-t-il été abusé par son ami alors qu'il était sous l'influence de l'alcool ? L'absence d'explication nette permet de questionner l'équivoque sexuelle qui peut parfois exister dans les relations amicales mais aussi le consentement et les abus d'un homme sur un autre homme.