Couverture de l'article Ce qui n'existe pas n'existe pas.

Ce qui n'existe pas n'existe pas.

Illustration : Gwendoline Clossais

Alors que le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand déroule son lot de films, l'un d'eux attire l'attention sur le rôle d'un repéreur de cinéma. C'est un métier particulier dont on parle peu, où l'on vous dira « Vous verrez du pays savez-vous ! ». De fait, il ou elle met un point d'honneur à chercher parfois longuement les meilleurs décors possibles pour la réalisation d'un film. C'est une condition essentielle pour réussir une très bonne mise en scène, pour garantir un confort de réalisation à l'équipe tant technique qu’artistique, pour tenir un budget souvent serré. De nombreuses exigences rendent ce métier de l'ombre, très solitaire de surcroît, riche d'expériences multiples, façonnent avec l'expérience un regard complice de celui du réalisateur ou de la réalisatrice. C'est s'immerger « à la place de », avec son lot de rencontres en tout genre.

C'est ainsi que Xavier rencontre Zoé. Qu'ils se découvrent une connaissance en commun, lui son amant d'un moment, elle son frère. Malheureusement, cette découverte se fait de manière assez dramatique lorsque Zoé évoque le suicide de ce dernier d'un geste brutal signifiant le tir d'une balle dans la tête. Pour Xavier, c'est l'effondrement, le retour à des souvenirs amoureux. Pour elle, c'est le deuil selon la règles des 5 étapes. Cet être commun les rapproche en étant présent en filigrane et justifie la relation entre les deux protagonistes principaux au point que l'une détient la solution pour l'autre et ne la lui confiera qu'en cours de route. Enfoncés dans ces paysages magnifiques des Alpes, tous les personnages sont touchants de justesse et participent au sentiment « coup de cœur » des quelques festivaliers rencontrés.

Quant au titre, il m'a rappelé Jérôme Commandeur lors des Césars 2023 où il expliquait que le cinéma français ne sait pas faire court, que le truc c'est de reprendre une phrase du film et de le flanquer comme intitulé. Cependant, celui-ci résonnera fortement auprès de ceux et celles qui ont vécu l'expérience du suicide et il donnera de l'eau au moulin d'un moment de philosophie et de recueillement.