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Celles qui grimpent de Lucie Dufays et Noémie Stokart

L’escalade a le vent en poupe. Les salles se multiplient, ça grimpe, ça grimpe, ça grimpe. Même si le sport séduit de plus en plus les femmes, il reste intimement lié à la gent masculine. Il suffit de rentrer dans les salles où les muscles saillent, les torses transpirent (souvent sans t-shirt). Ce sport renvoie à une pratique un peu folle, difficile, exigeante, nécessitant de l’entraînement et de la force et, force est de constater, que ce sont souvent les hommes qui s’y adonnent. Mais, elles sont là quand même les grimpeuses et elles tentent, elles échouent, recommencent, tombent, recommencent, soufflent, recommencent, se ruinent les doigts, sans baisser les bras. Ce sont elles, ces meufs, que Lucie Dufays et Noémie Stokart, deux grimpeuses belges, ont rencontrées aux quatre coins de l’Europe pendant un roadtrip en van en 2024.


Faire de l’escalade pour une fille (pour un homme aussi) a quelque chose du défi personnel. Il s’agit de vaincre ses peurs, de se confronter aux rochers, à la nature, aux conditions parfois difficiles, de maîtriser l’équipement, les manipulations sous peine de s’écraser des dizaines de mètres plus bas, de lire les voies, de se dépasser. Et, toutes ces femmes croisées au pied des falaises du Monténégro, de Grèce, d’Italie, de France sont déter. Elles ont décidé de se lancer malgré tout ce qui pourrait les retenir: la peur, le manque de condition physique, la vie de famille. Toutes ensemble, elles constituent la communauté des grimpeuses, certaines forment et transmettent, d’autres suivent et apprennent. Ensemble, elles sont solides et incassables.

Les deux réalisatrices n’avaient jamais fait de film. Tout a commencé après la lecture du livre Première de cordée de Martine Rolland, première femme guide de haute montagne en 1983. C’est en suivant son mari Jean-Jacques Rolland que Martine se passionne pour la montagne, elle décide donc de s’inscrire aux examens et les réussit. Depuis lors, d’autres femmes ont suivi la voie de Martine même si elles sont encore rares. Lucie et Noémie la rencontrent d’ailleurs à la fin de leur film pour “boucler la boucle”.

Pendant ce road trip, on fait donc la connaissance d’Olga, de Lucie, de Beatriz, de Frankie, de Katarin, de Magali et de bien d’autres. De toutes les origines, de tous les âges, ces femmes trouvent en elles un soutien inestimable, une force à l’intérieur qui les rend invincibles. Dans ce documentaire réalisé avec très peu de moyens, les réalisatrices alternent les entrevues, les scènes de voyage, avec une attention particulière aux spécialités locales, les magnifiques paysages des régions parcourues.

Le film parle certes de la pratique de l’escalade par les femmes, mais il y a quelque chose en plus. Il met en lumière des femmes autonomes, affranchies que rien n’arrête grâce à un élan collectif. Celles qui grimpent donne du courage à toutes celles qui hésitent encore à sauter le pas, à prendre la route à pied, à vélo, en van car, oui, nous en sommes capables.