Couverture de l'article Destroy Me Please de Flora Woudstra Hablé

Destroy Me Please de Flora Woudstra Hablé

Ce magnifique court-métrage présenté au prochain Pink Screens Festival de Bruxelles et produit par la Luca School Of Arts repose sur un procédé étonnant et poétique où deux hommes séparés par de longs kilomètres communiquent par messages téléphoniques.

Quelque part aux Pays-Bas, un homme est seul sur une aire routière. Il reçoit un message d'un autre homme qui semble être son petit ami. Celui-ci habite Beyrouth noyée sous les bombes israéliennes. Outre les messages vocaux, les différents textos échangés s'affichent à l'écran et donnent une épaisseur à cette relation, une réalité, l'écriture matérialise cet attachement réciproque entre ces deux hommes et le rend concret. Alors que son amant lui laisse de longs messages qui relatent des histoires, qui mixent la réalité et les mythes, les rêves et les légendes, à l'image, c'est la route qui défile dans la nuit dilatant le temps et transforme l'espace. Le film se vit comme une déambulation hypnotique, une intimité d'une grande douceur qui conduisent à la fascination. À l'aube, l'homme qui vit en Hollande sort de sa voiture pour une balade dans les polders. Le plan s'étire dans sa durée et rappelle le cinéma hyperréaliste de Chantal Akerman. Le silence impose sa marque. Les conversations par messages reprennent et disent l'intensité de leur lien et sans doute de leur amour. Le contrechamp final au Liban est tout simplement bouleversant.