Co-écrit avec Manon Poelman, Echoes Beneath the Hill s'articule autour du périple de la jeune Jeanne qui, secondée par un complice, se met en quête de sa biquette disparue. Mais cette intrigue prend bientôt des allures de side quest face au basculement de l'Histoire. Un malaise qui culmine lors d'une séquence terrible dans laquelle les enfants sont répartis, à l’école, par caste, entre Tutsis et Hutus. « Faut savoir où est ta place », assène froidement le professeur à Jeanne. Des termes qui pour elle ne signifient rien.
Si le propos est difficile, l'œuvre, magnifiée par la direction de la photographie de Clarence Haakmat, est d’une beauté formelle remarquable. Privilégiant une caméra à l'épaule, proche des visages, la réalisation de Aimé dépeint avec pudeur la fragilité de la jeunesse. Ces mouvements immersifs alternent habilement avec des plans au ralenti plus stables et quelques plans larges, qui viennent sublimer les paysages du pays aux mille collines.
Côté habillage sonore, les bribes de discours de personnages taiseux imbriquées aux voix off et aux extraits d’une radio délatrice, résonnent sinistrement dans la vallée et participent pleinement à la tension dramatique. Le film instille ainsi la peur et parle directement à nos tripes. Si le film se fait poignant, touchant et stressant, il parvient malgré tout à ménager de rares respirations, notamment dans la complicité des deux jeunes rwandais, amis malgré tout.
Echoes Beneath the Hill soulève ainsi de profondes questions autour de l'identité, de l'absurdité d'être mis dans une case et se fait d’une actualité brûlante : et si cette folie embrasait d’autres pays ? Et si cette folie nous arrivait à nous aussi ? Une œuvre essentielle et vibrante qui prouve, une fois de plus, l'ambition de nos jeunes réalisateurs dans le paysage cinématographique actuel et la profondeur des récits qu’ils ont à raconter.