De nombreuses explosions ont lieu, des immeubles effondrés et en ruines. Le tempo du film se fait sur cet état d'urgence, mais aussi sur des liens avec le passé. Ainsi une photo d'archives est filmée et permet de voir une ville qui semble épanouie. À chaque coupe du montage, un zoom se fait sur la photo pour en finir par un très gros plan. Les explosions sur Beyrouth se multiplient ; à l'image défilent des écrans multiples, il y a des images de journaux télévisés, les messages échangés entre les deux hommes qui s'affichent et qui donnent une impression de détresse et d'urgence. Le réalisateur distille une atmosphère d'angoisse qui est celle des Libanais soumis au feu israélien. Ce rythme parfois trop effréné est mis à l'arrêt par des plans fixes dont celui, magnifique, d'un lit vide où ne subsistent que les marques et les formes laissées par les corps. Ce plan semble venir tout droit de l'œuvre magistrale et monumentale de l'artiste contemporain Felix Gonzales-Torres ‘B illboard of an empty bed – 1991’. Ce plan dit l'absence, la solitude et l'impossibilité de toucher l'être aimé qui anime tout ce court-métrage qui sera présenté au Pink Screens Festival.
Far From Beyrouth de Mon Dewulf
L'hiver à Bruxelles. Dans un appartement, un homme reçoit un appel téléphonique depuis Beyrouth. Un autre homme au bout de la ligne. Ils semblent très proches, sans doute des amants. Le court-métrage fait des allers-retours entre Bruxelles et la capitale libanaise où la guerre bat son plein.