Couverture de l'article Golden Mirror Nour Beetch & Nicky Lapierre

Golden Mirror Nour Beetch & Nicky Lapierre

Complètement déjantée, cette satire queer et punk des émissions de télé-réalité va très loin dans sa forme et son fond.

Ce court-métrage sera présenté au prochain Pink Screens Festival de Bruxelles.

Dès l'introduction, le ton est donné : une femme filmée en gros plan, les faux ongles comme des rasoirs métalliques, pleure. Des flashs violents arrosent son visage, un keffieh palestinien comme cache-seins, platform shoes exhubérantes. Une créature improbable qui annonce un court-métrage délirant et particulièrement en dehors des clous policés d'une société hétéronormée. S'en suit l'affrontement entre les deux finalistes transgenres prêt.e.s à tout pour remporter la mise. Les téléspectateurices dictent les règles et les gestes des participant.e.s. Leurs commentaires acerbes ou encourageants s'affichent à l'écran comme autant de violations d'un territoire enfermé et contraint. En coulisses, la régie stresse et s'inquiète constamment des chiffres d'audience contrôlés en direct, car l'objectif est évidemment pécuniaire. Les faces-caméra de plus en plus grotesques et les punchlines de plus en plus acides visent à pousser à bout les limites de la télé-réalité. Les cris, la fureur, l'exhibitionnisme à outrance, le dépassement des règles et la violence qui va crescendo deviennent parfois insupportables, mais agissent comme le miroir de la violence faite aux personnes trans, aux drag-queens et aux personnes « gender-fuck ». Le switch final constitue une critique virulente de la mise en scène du réel pour satisfaire les pulsions et les désirs de violence et de mort de téléspectateurices ainsi que celle de la manipulation des masses pour leur extorquer de l'argent.