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I Love Charlène de Mila Lignel

À I Love Charlène, Mila Lignel nous amène dans un conte visuel hilarant où de fausses princesses en herbe souhaitent être les plus belles : Cléo et ses amies et rivales veulent à tout prix remporter l’élection de Miss Grâce Éternelle.


À travers un humour souvent bienvenu pour venir décrire les injonctions à une certaine féminité ou à tout type de case que l’humanité s’échine à cocher, la réalisatrice vient nous rappeler le côté arbitraire et souvent temporaire de la façon dont on s’impose des codes pour plaire et surpasser les autres dans la vie quotidienne comme dans la compétition.

Pour gagner le concours, c’est clair : il faut un tour de taille fine, de gros seins, un sourire radieux, une tendance taiseuse et une élégance à faire chavirer le pantalon des messieurs. Cerise sur le gâteau : il faut regarder ses amies comme de potentielles rivales. La gagnante de l’édition précédente Charone ravit Cléo et ses amies grâce à son tour de prouesse pour rester la plus belle : elle s’est sellée les lèvres. Mila Lignel ne tombe pas non plus dans cette condescendance misogyne très répandue au cinéma qui dépeint des femmes en proie à l’ignorance face à leur condition et aux codes à respecter. Les amis des protagonistes aussi, tels des coqs en rut, adorent démontrer une masculinité en se battant pour leurs beaux yeux. Kyle s’est d’ailleurs rasé les cils, signe de virilité d’après elles ! Encore une autre illustration de la variabilité de tous ces codes genrés à travers l’humanité et sa courte histoire. La mère de Cléo est aussi un personnage clé du court métrage, faisant pression sans cesse sur sa fille pour qu’elle gagne cette compétition. Elle représente peut-être justement cet héritage délétère passé de mère en fille qui perpétue ce regard masculin sur le corps féminin.