Nao trouve à travers le volcan éteint depuis 3000 ans son refuge où il se sent en connexion avec le feu éteint, telle une scorie. Comme si cette lave séchée représentait l’aboutissement de sa transition, son essence unie au corps et au décor. Domi nous conte quant à elle sa propre définition de l’identité queer : des couches qui ne sont pas forcément cohérentes les unes avec les autres, comme la ville de Clermont-Ferrand. Les spectateurices en apprennent aussi plus sur les sensations intéressantes et particulières que les personnes trans ressentent après leur transition : le poids des seins ou leur absence dans l’eau, la peur de constater une forme différente. L’eau devient un médium différent pour aborder sa corporalité. Pour embrasser la solitude de sa transition, Maden s’est réfugiée à la campagne où elle a pu observer son évolution au détail près dans le miroir, au gré des saisons. « Dans les vieilles peaux, j’ai fait mûrir et fermenter. » Elle a coutume de s’isoler quand elle a honte ou craint l’échec. Sacha, le dernier portrait, trouve un refuge dans les bois pour s’unir à son intériorité et à son identité et trouver la paix face au chaos. Toute cette beauté rustique vient finalement nous échapper au moment des plans des manifestations antifascistes féroces à Bruxelles.
Nao Fauveau Merle brosse ici un portrait doux et tendre de la transidentité non sans tracer la route d’un combat de longue haleine qui doit encore être mené.