Plusieurs organisations représentatives du secteur culturel s’élèvent contre l’intention du gouvernement fédéral de ne plus prendre en compte, dans le calcul de la pension des travailleurs et travailleuses des arts, certaines périodes antérieures au 1er mars 2014.
Alors que l’accord de majorité prévoyait de tenir compte des spécificités des professions caractérisées par une forte intermittence de l’emploi, comme les dockers, les pêcheurs en mer ou les travailleurs des arts, les récentes déclarations du ministre des Pensions, Jan Jambon, suscitent une vive inquiétude dans le secteur.
Les signataires du communiqué contestent l’argument selon lequel les périodes d’indemnisation des artistes n’auraient été protégées qu’à partir de 2014. Ils rappellent que plusieurs dispositions réglementaires, introduites dès les années 1960 puis renforcées au fil des réformes, reconnaissaient déjà les spécificités des carrières artistiques marquées par l’alternance entre périodes de création, contrats de courte durée et temps de recherche non rémunérés. Selon eux, la réforme envisagée pourrait entraîner la perte de plusieurs années de pension pour les personnes ayant commencé leur carrière avant 2014.
Les organisations concernées estiment également que cette mesure créerait une discrimination entre générations de travailleurs des arts ainsi qu’entre différentes professions confrontées à une intermittence structurelle de l’emploi. Elles annoncent leur intention de s’opposer fermement à cette réforme et n’excluent pas d’engager des recours juridiques afin de défendre les droits sociaux des artistes et travailleurs culturels.