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Les Immaculés de Baptiste Pelletier et Emilie Devetter

L’Enfer des zombies

Dans un monde ravagé par une pandémie et envahi par les zombies (ou serait-ce des infectés ?), une communauté religieuse, les Immaculés, survit recluse dans un couvent, sous la coupe d’un évêque tyrannique (Olivier Bonjour). Pour sauver son enfant malade (Giorgio Arnone), une mère (Nell Geeraerd) s’oppose aux règles de la communauté : elle s’introduit en cachette dans l’herboristerie et vole des médicaments. Dénoncée, elle est condamnée à un rituel morbide : lors d’une procession de pacotille, elle est mise face à face avec un zombie. Si elle survit, elle aura le droit de réintégrer la secte. Et « Dieu seul » pourra décider de la salvation de la « pêcheresse ».

Le film de zombie ou d’infectés postapocalyptique étant devenu un sous-genre à lui seul, difficile de le renouveler. La meilleure façon étant encore de se servir du genre pour aborder des thèmes plus larges, ici le fanatisme religieux.

Condamnant à mort une femme qui s’est « détournée de notre foi et de notre Créateur » par égoïsme et cupidité, la communauté fourvoyée montre son inquiétant aveuglement et son empressement à servir, par peur ou par bêtise, une cause nauséabonde. Le film montre un groupe qui se ferme au monde extérieur et condamne immédiatement à une mort certaine toute personne n’obéissant pas à leurs règles idiotes et hypocrites, considérant qui plus est que ces morts-vivants qui rôdent, qu’ils soient d’anciens amis ou des membres de leur famille, sont des pêcheurs qui ont, de toute évidence, mérité leur sort. Une croyance aveugle qui finira par se retourner contre eux…

Visuellement soigné (les zombies, peu nombreux, font illusion), bénéficiant d’une belle photographie obscure signée Thiméon Lepers, Les Immaculés ne raconte certes rien de neuf, mais il le fait avec talent, son duo de cinéastes faisant preuve de suffisamment d’ambition narrative et graphique pour susciter l’enthousiasme.